Le cheval va-t-il devenir un animal de compagnie ?

Plusieurs propositions de lois ont été récemment déposées, à l’Assemblée comme au Sénat, réactivées après le décès de Brigitte Bardot, pour modifier le statut juridique du cheval afin de la déclarer officiellement « animal de compagnie », et ainsi interdire son élevage et sa commercialisation à des fins de consommation de viande sur le territoire français. Certains pays (comme le Royaume-Uni ou l’Italie) l’ont déjà fait. Les dernières boucheries chevalines (moins de 150 actuellement) vont-elles devoir fermer ? Une bonne occasion de réinterroger notre rapport à la nourriture, en particulier tout le poids culturel dans le fait de s’autoriser ou non à manger certains animaux.

Les politiques vont-ils faire fermer les dernières boucheries chevalines ?   © LPLT, wikimedia commons, CC 3.0

On mange des animaux, mais seulement si notre culture le permet

On voit bien en voyageant à travers le monde que le fait de manger de la viande ne va absolument pas de soi et diffère grandement d’une culture à l’autre.

Un bon tiers de l’humanité refuse obstinément de manger du porc, alors que chez nous, en France, c’est extrêmement courant et cela concerne 94 % de la population ; nous y revenons en moyenne 5 fois par semaine pour en absorber 288 grammes.

En particulier juifs et musulmans n’en mangent pas ; ils estiment que le cochon est impur et tabou, car il appartient à une catégorie d’animaux « inclassables » : il ne rumine pas, alors qu’il a le sabot fendu comme tous les ruminants. Cette anomalie le rend suspect et dangereux, d’autant plus que, dans les pays chauds, sa viande peut vite devenir avariée.

Louis XIV ne mangeait pratiquement jamais de bœuf, jugé trop « vulgaire », mais des cygnes, paons, cigognes, hérons et cormorans, jugés plus nobles, et qui aujourd’hui sont devenus tabous dans la France républicaine !

Les français mangent couramment des escargots, animal pourtant peu ragoutant au départ ! Source Wikipedia

Beaucoup de français mangent de temps en temps des cuisses de grenouilles, ou des escargots, ce qui horrifie nos voisins anglais, et bien d’autres peuples. Mais, si nous mangeons des escargots, pourtant rampants et bien baveux au départ, pas question de manger des sauterelles, nettement plus propres !

Pourtant, dans de nombreux pays asiatiques comme la Thaïlande ou la Chine, on les mange, de même que les criquets, scarabées, vers de bambou ou à soie, grillons, chenilles, fourmis, etc. En Amérique, cette consommation est aussi courante dans des pays comme le Mexique ou la Colombie. En Afrique, on en trouve presque partout, au Cameroun, au Nigeria, au Burkina Faso, à Madagascar, etc., où on rajoute souvent les termites. Et les aborigènes d’Australie en mangent eux aussi depuis des milliers d’années.

Marché aux insectes en Thaïlande. © Takoradee, Wikimedia commons, CC 3.0

Si l’élevage des chiens et des chats pour les manger est puni de deux ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende en France, cela reste une pratique courante dans de nombreux pays asiatiques ; cette pratique commence seulement à être interdite en Indonésie, mais on estime qu’elle concerne encore 30 millions d’animaux chaque année en Asie.

Dans certains pays, on mange des singes, serpents, rats, chauves-souris, kangourous, vers à soie, tortues, autruches, moineaux, méduses, etc.

A l’inverse, en Inde, où la plupart des gens croient à la réincarnation, les végétariens sont majoritaires (on ne va quand même pas risquer de manger sa grand-mère). Et, à l’extrême, on y trouve les moines jaïns qui portent un masque sur la bouche pour éviter d’inhaler ou de tuer accidentellement des micro-organismes ou des insectes volants, balayent le sol devant eux pour ne pas écraser d’insectes en marchant et ne consomment pas de légumes-racines (comme les carottes ou les pommes de terre), car leur récolte tue la plante et les micro-organismes du sol.

Tout ceci illustre ce grand principe : avant d’être mangée, la nourriture a besoin d’être pensée !

Manger du cheval, une histoire de tabou brisé

L’histoire du steak de cheval est très riche en Europe. Il a longtemps été tabou, jugé par l’Eglise catholique comme un rituel païen digne des barbares nordiques. Le thème a fait l’objet de débats réguliers lors des conciles, du IVe au VIIIe siècle. Le pape Grégoire III interdit la consommation de la viande de cheval en 732, la dénonçant comme une « pratique abominable ». Mais en même temps l’Eglise catholique hésitait, car elle voulait aussi se démarquer des tabous alimentaires des juifs. Car, dans les Évangiles, Jésus s’oppose de manière très directe à ces règles alimentaires : « Écoutez-moi tous, et comprenez bien. Rien de ce qui est extérieur à l’homme et qui entre en lui ne peut le rendre impur ». Finalement l’Eglise se contente de n’interdire la viande (toutes les viandes) que le vendredi et pendant le carême.

En fait, le goût des Français pour la viande de cheval remonte à la Révolution ; il fallait de nouveaux moyens de subsistance et, juste revanche, les chevaux, anciens signes de prestige pour l’aristocratie qui en était propriétaire, finissent par servir à soulager la faim du petit peuple.

La pratique se répand donc dans les classes populaires, souvent affamées au XIXe siècle. Au début de la guerre de 70 il y avait 100 000 chevaux à Paris, dont une bonne part ont été mangé pendant le siège de la capitale ! Même en temps de paix les ouvriers et artisans des villes ont continué à manger des chevaux, qui étaient réputés leur donner de la force ; les paysans étaient plus réticents car c’étaient leurs compagnons de travail et les classes aisées également, qui les associaient aux loisirs.

Certains ont alors plaidé pour la consommation de viande de cheval… par compassion ! Des savants progressistes ont mis en avant la nécessité de nourrir par ce biais la population toujours croissante des villes, tout en soutenant que cela entrainerait paradoxalement une amélioration du sort des chevaux, en leur évitant d’être exploités jusqu’à leur dernier souffle et de mourir d’épuisement en pleine rue, sous les coups des charretiers.

Comme on est physiquement ce qu’on mange, on a tendance à s’approprier symboliquement les qualités supposées de sa nourriture favorite, afin d’être par exemple fort comme un bœuf, pure comme le lait, légère comme la salade, etc. !

Dans l’imaginaire des consommateurs, cette viande ne pouvait que rendre celui qui la consommait noble, fort, intelligent, entreprenant et courageux, par transfert des qualités supposées de l’animal. Du coup, les boucheries chevalines avaient pignon sur rue dans toutes les villes françaises. Les parents responsables donnaient à leurs enfants un steak de cheval avant un examen ou une compétition sportive, en le faisant précéder d’une entrée à base de cervelle « car ça pourrait t’en donner ! ».

Bonaparte franchissant les Alpes au Grand-Saint-Bernard. Bien évidemment cela ne s’est pas passé comme cela, mais cette peinture en dit long sur l’imaginaire lié au cheval, qu’ensuite on s’approprie au jour le jour…  en le mangeant. © Château de la Malmaison, Wikimedia commons, DP

Le cheval (ou la jument, indépendamment de son propre sexe) était alors symboliquement un animal « pour homme accompli », viril et associé aux valeurs aristocratiques, militaires, machistes et misogynes, dont témoignent bon nombre d’expressions rituelles dans les milieux équestres du type « À nos femmes, à nos chevaux et à ceux qui les montent ! ». Après un bon steak de cheval, on était mieux à même de « fournir un bon coup de collier », « travailler comme un cheval » et « sauter l’obstacle », en restant « à cheval sur ses principes » pour défendre hardiment son « cheval de bataille », voire au prix, s’il le faut de « monter sur ses grands chevaux » !

Rappelons que de nombreux militaires français (dont mon propre père !) ont fait la 2e Guerre mondiale à cheval contre les panzers allemands !

Juste après, dans les années 50, il y avait encore 2 millions de chevaux de trait dans les campagnes françaises ou en ville. La France comptait alors des milliers de boucheries chevalines, surtout dans les grandes villes et les régions ouvrières (Nord-Pas-de-Calais, Paris).

Chez nous, le cheval a fini par changer de sexe.

Et puis deux événements considérables sont arrivé au cours de la deuxième moitié du XXe siècle. Tout d’abord le tracteur a fait son apparition dans les campagnes. Il n’y en avait que quelques milliers dans la France de 1950, et 1,5 million dans les années 90 (aujourd’hui autour de 1 million, mais plus puissants). On a donc réformé (et donc mangé) presque tous les chevaux de traits.

Il reste bien de l’ordre d’un million de chevaux en France, mais maintenant, devenus inutiles pour la guerre et l’agriculture, ils sont devenus un article de loisirs… mais, surprise ! Pour les jeunes filles bourgeoises.

Historiquement ce n’était que dans les années 1930 que les femmes ont gagné le droit de monter en pantalon et à califourchon, et en 1952 que l’équitation féminine devient une discipline olympique (c’est le seul sport où les épreuves sont mixtes, à la fois pour le cheval et le cavalier). Actuellement cette activité est devenue largement féminine : 80 % des licenciés sont des femmes et les deux tiers ont moins de 25 ans (es filles qui ont auparavant joué pendant des années avec des poupées licornes !). Au sens symbolique, le cheval a bel et bien changé de sexe !

Cette féminisation fait qu’on abandonne progressivement les anciens dogmes de dressage par domination et de soumission au profit de la persuasion et de la communication. Devant un obstacle qui fait peur au cheval, l’homme force sa monture à l’aide de la cravache et des éperons, la femme, elle, commence par rassurer l’animal en lui parlant puis le ramène sur l’obstacle par un autre itinéraire. 

Les filles plus attentionnées que les hommes à leur cheval. © Jaclou-DL, Pixabay, tous droits réservés

Les hommes qui continuent à monter les chevaux s’en occupent peu (avant il y avait des palefreniers pour cela) mais les femmes, elles, vivent avec le cheval et prennent plaisir à cette sorte de maternage qui consiste à préparer leur monture et à la panser longuement après le travail. Il se trouve d’ailleurs toujours dans les clubs nombre de femmes et de jeunes filles pour accepter de s’occuper des chevaux des hommes, à leur place. Elles les transforment en animaux de compagnie, que bien entendu on garde près de soi jusqu’à leur mort naturelle. 

Notons que si la plupart des propriétaires de chevaux les gardent maintenant près d’eux jusqu’à leur mort naturelle (c’est-à-dire quand même 25 à 30 ans), ils n’ont pas le droit de les enterrer dans leur jardin, ni de les incinérer. Tout décès d’équidé doit être déclaré à l’IFCE (Institut Français du Cheval et de l’Équitation) et à la BDNI (Base de Données Nationale d’Identification). Puis, les propriétaires doivent obligatoirement faire appel à un équarisseur. C’est un service très réglementé et gratuit pour les particuliers, car financé par une taxe sur les animaux vivants, la redevance sanitaire. Des agents agréés par l’Etat se chargent de la collecte, du transport et de l’élimination sanitaire et écologique des animaux morts (chevaux, bovins, ovins, etc.) ou des parties d’animaux impropres à la consommation (viande saisie, abats, etc.). La plupart du temps ils sont incinérés et les cendres sont alors, après traitement, transformées en engrais.

Auparavant, on a seulement le droit de valoriser éventuellement certains sous-produits comme les peaux pour la maroquinerie (selles, accessoires équestres, vêtements), les crins (fabrication de pinceaux, instruments de musique, ou isolants) et les os et graisses, qui peuvent servir dans l’industrie (colles, savons, lubrifiants).

La fin de la consommation de viande de cheval en France

Dans ce climat culturel, il paraît clair que les steaks, rôtis, saucissons et lasagnes de cheval, tombés en désuétude, vont être définitivement bannis un jour ou l’autre en France…

On ne voit pas très bien comment des parents d’adolescentes passionnées d’équitation pourraient dorénavant convaincre leurs filles de manger un rôti de cheval ! L’affaire des lasagnes au cheval roumain a de plus fortement marqué les esprits, si les fraudeurs avaient substitué la viande de bœuf par celles de mouton, le scandale n’aurait pas été aussi grand.

D’ailleurs il est frappant de constater que les rares boucheries chevalines qui subsistent ont maintenant le plus grand mal à s’approvisionner en France et sont obligées de recourir à l’importation depuis des pays moins sensibles à l’image du cheval animal de compagnie.

On ne consomme plus qu’à peine 4 000 tonnes de viande de cheval actuellement en France (contre 1,6 million de tonnes de viande bovine, à peu près autant de viande de poulet et 2,2 millions de tonnes de viande de porc). De plus 80 % des chevaux consommés sont importés, il n’y en a plus que 3 à 4 000 par an qui sont abattus en France pour cela.

A la fin des années 50, lorsque le tracteur a remplacé le cheval, les Français ont mangé les chevaux de traits devenus inutiles ; puis, au cours du temps, on a fini par importer des chevaux pour pouvoir continuer à approvisionner des boucheries chevalines, devenues de plus en plus rares. La fin d’une époque ! Source : Wikipedia

La question est : laisse-t-on cette pratique devenue ultra minoritaire s’éteindre d’elle-même, ou bien le législateur se sentira-t-il légitime pour intervenir et donner le clap de fin ?

Le lapin, et à terme le cochon, pourraient bien être les prochains à disparaître de nos assiettes

L’espèce suivante candidate à devenir « animal de compagnie » plutôt qu’animal de boucherie pourrait bien être le lapin, qui est déjà le troisième fidèle compagnon des familles françaises après les chats et les chiens.

1 million de lapins sont actuellement devenus des animaux de compagnie. Autant de familles où on ne le mangera plus jamais… Source : Wikipedia

Une évolution du même type pourrait bien se passer avec le cochon, mais pour des raisons différentes. Cet animal est génétiquement très proche de l’homme, apparemment encore plus que le singe. L’idée de l’utiliser pour faire des transplantations d’organes est donc relativement ancienne. Elle permettrait de résoudre très rapidement le problème actuel d’approvisionnement : on manque cruellement de donneurs de cœur, de rate, de foie, de poumon, pour soigner les gens qui en sont à la dernière extrémité.

Les annonces de quelques transplantations d’un cœur de cochon dans un homme, suivi de celle d’un poumon, et d’un foie, même si elles ne sont pas encore couronnées de succès durable, pourraient donc constituer un véritable tournant dans la médecine et la chirurgie, aussi importante que celle qu’avait fait le professeur Christiaan Barnard en Afrique du Sud le 2 décembre 1967 avec la première transplantation cardiaque.

Le cœur de porc durant avant la greffe de 2022. © Tom Jemski, UMSOM Public Affairs

50 ans après, environ 90 000 greffes et dons d’organes sont réalisés chaque année dans le monde (66 000 reins, 21 000 foies et 6 000 cœurs) ! Il est bien évident que, si on peut élever des cochons pour réaliser la même opération, ce chiffre croîtra énormément. Actuellement, rien qu’aux États-Unis, 90 000 personnes sont en attente d’une greffe de rein et chaque jour, douze meurent faute d’en avoir reçu un à temps.

Il y a dorénavant des hommes sur terre qui se promènent avec un cœur de cochon, mais aussi un poumon ou un foie ! Cette pratique est évidemment amenée à se développer fortement. Espérons qu’on n’ira pas jusqu’à transplanter une tête de cochon !! : ©Monica Schroeder/SCIENCE PHOTO LIBRARY

Ces « xénogreffes » sont maintenant devenues possibles parce qu’on maîtrise beaucoup mieux la génétique. Et là, pas de réticence comme avec les aliments OGM, car l’enjeu est tout simplement… vital !

Trois gènes, responsables du rejet rapide des organes de porc par les anticorps de l’homme, ont été désactivés chez le porc donneur. Six gènes humains responsables de l’acceptation immunitaire du cœur de porc ont été insérés dans le porc. De plus, pour que la taille du cœur corresponde au thorax humain, il faut utiliser un porc adolescent, mais il est alors susceptible de poursuivre sa croissance, avec le risque de se retrouver à l’étroit et de ne plus pouvoir fonctionner normalement. Les chercheurs ont donc éliminé un gène pour empêcher une croissance excessive du tissu cardiaque du porc ! Soit au total 10 modifications génétiques…

Nul doute que cette technique va progresser rapidement. Il n’est alors pas impossible que le cochon devienne, en quelques décennies, un animal spécialisé dans l’assurance médico-chirurgicale. Chacun des riches de la planète risque à terme de faire élever « son » cochon, adapté à ses propres gènes, pour sécuriser sa santé et faire diminuer ses cotisations d’assurances maladie et vie !

Il y a déjà trois catégories de la population mondiale qui ne mangent pas de cochon : les juifs, les musulmans et les hindous, plus les végétariens ; elles pourraient bien être rejointes par une quatrième, les riches, puis progressivement les classes moyennes du premier monde. Et, lorsque chacun connaîtra des gens qui vivront avec un cœur transplanté de cochon, un poumon de cochon, un foie de cochon, etc., le sort des charcuteries pourrait bien rejoindre celui des boucheries chevalines. On ne mange pas celui qui vous sauve la vie, cela deviendrait quasiment de l’anthropophagie. Ce sera alors la fin du jambon, du saucisson et de la saucisse, et des côtes et rôtis de porc ! Cela peut paraître aujourd’hui de la science-fiction, mais qui aurait cru dans les années 50 à la disparition quasi totale des boucheries chevalines ?

La fin des charcuteries : le compte à rebours est démarré ! Source : Wikipédia

A propos BrunoParmentier

Bruno Parmentier : Consultant et conférencier sur les questions d’agriculture, alimentation, faim dans le monde et développement durable. Président ou administrateur d’ONG et de fondations. J'ai dirigé de 2002 à 2011 le Groupe ESA (École supérieure d'agricultures d'Angers). Ingénieur des mines et économiste, j'avais auparavant consacré l'essentiel de mon activité à la presse et à l'édition. J'ai eu ainsi l'occasion de découvrir à l'âge mûr et depuis un poste d'observation privilégié les enjeux de l'agriculture et de l'alimentation, en France et dans le monde. Il en est sorti quatre livres de synthèse, un sur l'agriculture, l'alimentation, la faim et le réchauffement climatique. Des livres un peu décalés, qui veulent « sortir le nez du guidon » pour aller aux enjeux essentiels, et volontairement écrits avec des mots simples, non techniques, pour être lisibles par des « honnêtes citoyens ». Ce blog prolonge ces travaux et cette volonté d'échange. Il est également illustré par une chaine YouTube http://nourrir-manger.com/video
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