Argentine, pays de la viande, même en crise…

Les argentins aiment et vénèrent la viande… Un signe, quand les guides demandent aux touristes s’ils ont amené un pique-nique, ils demandent plus simplement s’ils ont amené « la viande » !

Une amie raconte que dans une famille moyenne de trois enfants, en Uruguay dans les années 50 et 60, la maman achetait 25 kilos de viande par semaine, sachant qu’en plus ils mangeaient deux fois par semaine du poisson. On n’en est plus là ! Et avec la crise économique, la consommation de viande de bœuf a un peu diminué depuis 2010, ce que fait que l’Uruguay, qui en est resté à 70 kilos par personne, a pris la tête des pays carnivores du monde (pour donner un ordre de grandeur, en France on en est à 23 kilos !). On ne parle que de la viande de bœuf, il faut bien entendu rajouter le mouton, très consommé également, le poulet et le porc !

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Mais les traditions ont la vie dure. Encore maintenant la portion jugée normale pour un « asado » (nom local du barbecue, institution emblématique) reste de 1 kilo par homme et 700 grammes par femmes… Et les restaurants « viande à volonté » restent fort nombreux.

Asado argentino

Coté élevage, le mythe des gauchos gardant d’énormes troupeaux sur des surfaces de pâturages immenses reste d’actualité : il reste 55 millions de têtes de bétail dans ce pays de 40 millions d’habitants ! Même si les superficies passées en soja sont impressionnantes (soja lui-même utilisé pour l’élevage intensif en Europe et en Chine !).

Ces habitudes restent celles de « pays vides ». Gardons-nous de croire que le monde est uniformément surpeuplé. Ce n’est absolument pas le cas de la majorité des pays africains et latino-américains. Tant que la densité de population restera de l’ordre de 15 habitants au Km2 dans ce pays (France 100), ils pourront probablement continuer à manger de la viande jusqu’à plus faim !

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Quand un français demande qu’on répartisse en deux assiettes la part de viande dans un restaurant, ça donne ça !

A propos BrunoParmentier

Bruno Parmentier : Consultant et conférencier sur les questions d’agriculture, alimentation et faim dans le monde. Administrateur d’ONG et de fondations. J'ai 67 ans et j'ai dirigé de 2002 à 2011 le Groupe ESA (École supérieure d'agriculture d'Angers), numériquement, le plus grand Groupe français d'enseignement supérieur en agriculture, alimentation et développement rural. Ingénieur des mines et économiste, j'avais auparavant consacré l'essentiel de mon activité à la presse et à l'édition. J'ai eu ainsi l'occasion de découvrir à l'âge mûr et depuis un poste d'observation privilégié les enjeux de l'agriculture et de l'alimentation, en France et dans le monde (nous avions 40 nationalités chez les étudiants et 14 chez les profs). Il en est sorti trois livres de synthèse, un sur l'agriculture, sur l'alimentation et sur la faim. Trois livres un peu décalés, qui veulent « sortir le nez du guidon » pour aller aux enjeux essentiels, et volontairement écrits avec des mots simples, non techniques, pour être lisibles par des « honnêtes citoyens ». Ce blog prolonge ces travaux et cette volonté d'échange.
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