Des OGM contre les moustiques

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 Le moustique tigre envahit la France, préférons-nous les OGM ou le chikungunia ?

Le Monde du 18 juillet 2012 se fait l’écho d’une nouvelle considérable : l’inauguration au Brésil d’une unité de production d’insectes transgénique qui produira chaque semaine 4 millions de moustiques mâles Aedes aegypti modifiés qui agiront sur leur propre espèce comme des insecticides. Ils s’accoupleront avec les femelles sauvages et transmettront à leur progéniture un gène qui rendra impossible le développement des larves. On espère enrayer ainsi le développement de la Dengue, une maladie virale en rapide progression, qui provoque des fortes fièvres, des douleurs articulaires et musculaires, et dont certaines formes peuvent être mortelles. Quant aux insectes lâchés, ils ne peuvent servir de vecteurs à la maladie puisqu’ils ne piquent pas, car seules les femelles ont besoin de repas sanguins avant la ponte.

Une variante de cette technique permet de lutter contre la propagation aussi récente que préoccupante dans le Sud de la France du moustique-tigre, Aedes albopictus, vecteur de la dengue et du chikungunya : il a été modifié pour que sa descendance femelle soit incapable de voler. Donc de piquer et de se reproduire.

On n’a pas fini d’entendre parler des OGM, ce qui rendra de plus en plus difficile la position de nombre de nos compatriotes qui sont fiers d’être « contre les OGM ». D’accord, mais lesquels exactement ? Ceux que cultivaient en 2010 17 millions d’agriculteurs sur 160 millions d’hectares (soit un champ sur 10 de la planète, ou 8 fois la superficie cultivée de la France) ? Les futurs OGM qui permettront de faire pousser des céréales avec moins d’eau, ou sur des terres salées ? Les 2 875 suivants qui vont arriver dans les 30 prochaines années ? L’insuline OGM pour soigner les diabétiques ? La thérapie génique contre l’hémophilie, la myopathie, la mucoviscidose, le diabète ou la maladie de Parkinson ? Le gène  RPE65 qui rend la vue à des enfants aveugles ? Et ici la lutte sans insecticides contre le moustique, qui tue plus d’un million de personnes chaque année et occupe donc la place de principal tueur d’hommes sur la planète ?

Arrêtons donc de parler « des » OGM, et regardons concrètement… lesquels.

A propos BrunoParmentier

Bruno Parmentier : Consultant et conférencier sur les questions d’agriculture, alimentation et faim dans le monde. Administrateur d’ONG et de fondations. J'ai 67 ans et j'ai dirigé de 2002 à 2011 le Groupe ESA (École supérieure d'agriculture d'Angers), numériquement, le plus grand Groupe français d'enseignement supérieur en agriculture, alimentation et développement rural. Ingénieur des mines et économiste, j'avais auparavant consacré l'essentiel de mon activité à la presse et à l'édition. J'ai eu ainsi l'occasion de découvrir à l'âge mûr et depuis un poste d'observation privilégié les enjeux de l'agriculture et de l'alimentation, en France et dans le monde (nous avions 40 nationalités chez les étudiants et 14 chez les profs). Il en est sorti trois livres de synthèse, un sur l'agriculture, sur l'alimentation et sur la faim. Trois livres un peu décalés, qui veulent « sortir le nez du guidon » pour aller aux enjeux essentiels, et volontairement écrits avec des mots simples, non techniques, pour être lisibles par des « honnêtes citoyens ». Ce blog prolonge ces travaux et cette volonté d'échange.
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