La France reste probablement le pays le plus sûr en matière de sécurité alimentaire

Petit commentaire radiophonique sur la sécurité alimentaire en France (1 minute) :

A propos BrunoParmentier

Bruno Parmentier : Consultant et conférencier sur les questions d’agriculture, alimentation et faim dans le monde. Administrateur d’ONG et de fondations. J'ai 67 ans et j'ai dirigé de 2002 à 2011 le Groupe ESA (École supérieure d'agriculture d'Angers), numériquement, le plus grand Groupe français d'enseignement supérieur en agriculture, alimentation et développement rural. Ingénieur des mines et économiste, j'avais auparavant consacré l'essentiel de mon activité à la presse et à l'édition. J'ai eu ainsi l'occasion de découvrir à l'âge mûr et depuis un poste d'observation privilégié les enjeux de l'agriculture et de l'alimentation, en France et dans le monde (nous avions 40 nationalités chez les étudiants et 14 chez les profs). Il en est sorti trois livres de synthèse, un sur l'agriculture, sur l'alimentation et sur la faim. Trois livres un peu décalés, qui veulent « sortir le nez du guidon » pour aller aux enjeux essentiels, et volontairement écrits avec des mots simples, non techniques, pour être lisibles par des « honnêtes citoyens ». Ce blog prolonge ces travaux et cette volonté d'échange.
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2 réponses à La France reste probablement le pays le plus sûr en matière de sécurité alimentaire

  1. Albert Amgar dit :

    Bien entendu vous avez parfaitement le droit de dire dans votre titre que \ »La France reste probablement le pays le plus sûr en matière de sécurité alimentaire\ », cela étant j\’aimerais bien savoir sur quoi vous vous fondez, car un classement est strictement impossible tant les systèmes de sécurité sanitaire des aliments dans les pays sont différents, sauf à vouloir faire de la politique, est-ce votre cas ?

    • BrunoParmentier dit :

      Merci de votre réaction.
      J’ai regardé de près cette question lorsque j’ai écrit mon deuxième ouvrage Manger tous et bien, ce qui m’avait amené à publier par exemple l’encadré suivant :

      Salmonelloses et diarrhées européennes

      L’autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) note des différences considérables entre la vieille Europe et les nouveaux membres de l’UE à 27 en matière de sécurité sanitaire des aliments, preuve des progrès importants accomplis depuis des années à l’Ouest[1].
      Prenons le cas des gastro-entérites (ou salmonelloses). Dues à la bactérie Salmonella, elles se caractérisent, après une incubation de un à deux jours, par une forte fièvre accompagnée de diarrhées, de vomissements et de douleurs abdominales ; elles peuvent avoir des conséquences sévères, voire mortelles, en particulier chez les jeunes enfants et les personnes âgées. En général, les contaminations se font via la consommation d’œufs ou de viande de porc provenant d’animaux eux-mêmes contaminés, ce qui témoigne d’une mauvaise maîtrise de l’hygiène vétérinaire et des circuits agroalimentaires.
      42 Européens sur 100 000 ont contracté cette maladie en 2004, soit au total 192 700 personnes. On observe des écarts notables entre les pays ; la France, avec « seulement » 6 352 malades, est dans le peloton de tête des pays sûrs avec 10,6 cas pour 100 000 habitants, preuve d’une réelle maîtrise sécuritaire de l’ensemble de la chaîne alimentaire ; elle devance nettement des voisins comme l’Allemagne (69 cas pour 100 000 habitants) et la Belgique (92 cas), sans parler des nouveaux pays européens où la situation reste à améliorer fortement comme la Slovaquie (235 cas pour 100 000 habitants) et de la République tchèque (301 cas).
      Même s’il faut se méfier des raccourcis saisissants basés sur des statistiques internationales dont la fiabilité et la comparabilité ne sont pas toujours excellentes, avançons qu’on risque actuellement six fois plus la salmonellose en mangeant à Berlin qu’à Paris, et vingt-huit fois plus à Prague.
      Mêmes différences pour les affections diarrhéiques à Campylobacter (douleurs abdominales, fièvre, céphalées, nausées et vomissements), qui ont touché 183 961 Européens en 2004 (48 pour 100 000). Elles proviennent de la consommation de viandes de volaille insuffisamment cuites ou de lait contaminé. Il n’y a eu que 2 127 malades en France, soit 3,6 cas pour 100 000 habitants, contre 67 en Allemagne et 249 en République tchèque. Le risque, là, est multiplié par 19 en dînant Potsdamer Platz, et par 69 place Wenceslas ; la place de la Bastille a encore du bon !
      1 Voir le compte rendu dans Le Monde du 28 décembre 2005 : « Près de 400 000 Européens ont souffert d’une zoonose en 2004 », par Jean-Yves Nau. : http://abonnes.lemonde.fr/europe/article/2005/12/28/pres-de-400-000-europeens-ont-souffert-d-une-zoonose-en-2004_725186_3214.html?xtmc=pres_de_400_000_europeens_ont_souffert_d_une_zoonose_en_2004&xtcr=1

      Bien entendu les chiffres ont changé en dix ans, mais je ne crois pas que les différences entre les pays européens se soient inversés. En tout état de cause l’EFSA continue à suivre cela de près. Voir par exemple : http://www.efsa.europa.eu/fr/press/news/150128
      J’avoue ne pas avoir refait le travail en profondeur avant d’écrire ce dernier article, c’est pourquoi j’avais pris la précaution d’écrire : « La France reste probablement le pays le plus sûr en matière de sécurité alimentaire ».

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