banane… écologiquement intensive !

 

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Les producteurs de banane de Martinique et Guadeloupe, rencontrés récemment lors d’un colloque parisien, ont tenté une démonstration en vraie grandeur de l’agriculture écologiquement intensive (eux, ils l’appellent « de préservation »). En résumé, depuis 10 ans,        70 % de pesticides de moins (dont la suppression quasi-totale des insecticides), et, dans le même temps, 30 % de bananes de plus ; qui dit mieux ? Pas les bananes d’Amérique centrale, qui se voient infliger actuellement jusqu’à 10 fois plus de pesticides ! Rappelons que c’est en particulier le tristement célèbre insecticide chlordécone qui avait fait des ravages de santé publique dans ces îles, provoquant une prise de conscience et ces changements salutaires…

Leurs méthodes : celles de bon sens, ce fameux bons sens qu’on avait perdu auparavant, et quoi avait conduit à quelques désastres sanitaires : la jachère sur 10 à 15 % des terres, les rotations de culture (ananas, banane, canne à sucre), la fertilisation fractionnée par petites doses quotidiennes mélangées à l’eau d’irrigation, l’utilisation de compost, les canaux anti érosion autour des plantations, la couverture permanente du sol, l’engainage sous plastique (recyclé) des régimes de banane, le piégage biologique des charançons avec des cages parfumées avec des phéromones, la production des nouveaux plants en laboratoires aseptisés, etc.

C’est rassurant qu’on puisse ainsi démontrer qu’on peut vraiment produite plus et mieux avec moins, le grand défi de l’agriculture du XXIe siècle ! Et ce en vraie grandeur, sur 8 000 hectares et pour 280 000 tonnes de fruits.

A propos BrunoParmentier

Bruno Parmentier : Consultant et conférencier sur les questions d’agriculture, alimentation et faim dans le monde. Administrateur d’ONG et de fondations. J'ai 67 ans et j'ai dirigé de 2002 à 2011 le Groupe ESA (École supérieure d'agriculture d'Angers), numériquement, le plus grand Groupe français d'enseignement supérieur en agriculture, alimentation et développement rural. Ingénieur des mines et économiste, j'avais auparavant consacré l'essentiel de mon activité à la presse et à l'édition. J'ai eu ainsi l'occasion de découvrir à l'âge mûr et depuis un poste d'observation privilégié les enjeux de l'agriculture et de l'alimentation, en France et dans le monde (nous avions 40 nationalités chez les étudiants et 14 chez les profs). Il en est sorti trois livres de synthèse, un sur l'agriculture, sur l'alimentation et sur la faim. Trois livres un peu décalés, qui veulent « sortir le nez du guidon » pour aller aux enjeux essentiels, et volontairement écrits avec des mots simples, non techniques, pour être lisibles par des « honnêtes citoyens ». Ce blog prolonge ces travaux et cette volonté d'échange.
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