Au Maroc, on est moins obsédé par la viande

Nous les français ne comprenons pas bien pourquoi les Maghrébins ne veulent toujours pas manger de viande de porc… Ils peuvent nous répondre légitimement qu’ils ne comprennent pas pourquoi nous sommes aussi obsédés par la viande !

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Regardons le menu d’un de nos restaurants français : on n’y parle que de viande ; on a le choix, mais entre le steak ou rôti de bœuf, la côte de veau, la grillade de porc ou le gigot de mouton, le pot au feu ou la blanquette de veau, le magret de canard ou la cuisse de poulet, la truite ou le saumon, etc. Après, ce n’est que la « garniture » ; on sent bien que le restaurateur s’en fiche un peu que vous choisissiez les pommes frites, la purée, les haricots verts, le riz ou la salade, là n’est pas l’important. Dans certains restaurants, une fois qu’on a choisi le « plat de résistance », les légumes sont même en libre-service, réputés gratuits.

Au Maroc, où je suis actuellement, pas de côtes de porc ni de sanglier rôti, soit. Mais on sent aussi que les valeurs culinaires ne sont pas exactement les mêmes. Les menus proposent d’abord le choix essentiel : couscous ou tajine  Ce n’est que dans un deuxième temps qu’on choisit l’accompagnement : légumes, poulet, bœuf ou mouton. Ce qui permet d’ailleurs de proposer du couscous ou du tajine végétarien ! L’essentiel de la nourriture est dans la « graine », pas dans la viande (même s’ils proposent de plus en plus souvent les « brochettes »…).

Et pour nous au fait, qu’est-ce qui est vraiment important, la viande ou la graine ?

 

Vendeur orange Marrakec

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A propos BrunoParmentier

Bruno Parmentier : Consultant et conférencier sur les questions d’agriculture, alimentation et faim dans le monde. Administrateur d’ONG et de fondations. J'ai 67 ans et j'ai dirigé de 2002 à 2011 le Groupe ESA (École supérieure d'agriculture d'Angers), numériquement, le plus grand Groupe français d'enseignement supérieur en agriculture, alimentation et développement rural. Ingénieur des mines et économiste, j'avais auparavant consacré l'essentiel de mon activité à la presse et à l'édition. J'ai eu ainsi l'occasion de découvrir à l'âge mûr et depuis un poste d'observation privilégié les enjeux de l'agriculture et de l'alimentation, en France et dans le monde (nous avions 40 nationalités chez les étudiants et 14 chez les profs). Il en est sorti trois livres de synthèse, un sur l'agriculture, sur l'alimentation et sur la faim. Trois livres un peu décalés, qui veulent « sortir le nez du guidon » pour aller aux enjeux essentiels, et volontairement écrits avec des mots simples, non techniques, pour être lisibles par des « honnêtes citoyens ». Ce blog prolonge ces travaux et cette volonté d'échange.
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6 réponses à Au Maroc, on est moins obsédé par la viande

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