Agriculture écologiquement intensive : des agriculteurs innovent

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Agroforesterie dans le Gers : une rangée d’arbres tous les 25 m !

L’agriculture écologiquement intensive, c’est possible… surtout si des agriculteurs se mettent à innover et expérimenter.

Dans le cadre des 3e « Entretiens de l’AEI » qui ont rassemblé 400 personnes à Angers fin octobre 2012, l’association du même nom a fait réaliser 17 petits films sur autant d’agriculteurs de toutes les régions françaises qui se sont lancés à expérimenter sur leurs terres. C’est vivant, tonique, et plein d’idées applicables, mais surtout on en retiendra la démarche, et l’esprit qu’ils reflètent : on peut participer à la construction de l’agriculture du XXIe siècle, à la fois écologique et intensive.

Vu l’intérêt de ces films, l’association AEI les mets gratuitement à disposition sur son site : http://www.aei-asso.org/entretiens-aei.html

A consommer sans modération ! On peut également y télécharger la brochure très instructive de 88 pages éditée à cette occasion : « AEI, les agriculteurs innovent ».

Juste pour vous allécher, voici deux de ces 17 petits films, qui traitent de l’agroforesterie :

Grandes cultures sous les arbres dans le Sud-ouest :

http://www.youtube.com/watch?v=FPDQLer4G_w&feature=youtu.be

Maraîchage sous les arbres dans le Sud-est :

http://www.youtube.com/watch?v=tdGlchges14&feature=youtu.be

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Un article sur une conférence « époustouflante »

J’ai eu droit à un article particulièrement élogieux à la suite d’une conférence dans le Dauphiné en novembre. Vous pouvez le lire intégralement à la rubrique : « Programme et calendrier des conférences » (onglet ci-contre). Il montre bien quel est mon projet lors des conférences, à la fois sur le fond et sur la forme.

Quelques extraits :

…”Pendant plus de deux heures, je restais scotché à mon fauteuil, ébahi, médusé par les compositions powerpoint, estomaqué par la puissance de l’argumentation, pliant de bon cœur sous les formules choc comme emporté par un tsunami intellectuel. Maintenant, je respire, j’ai repris mon souffle. Je peux analyser à froid cette performance qui aurait toute sa place aussi bien au Festival d’Avignon qu’à l’Académie des sciences… Ce jour-là, il flottait comme un parfum de science citoyenne… ”

Original sur : www.lecrollois.fr/archive/2012/11/22/une-conference-epoustouflante.html

 

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Interview radio sur l’agriculture écologiquement intensive

 Pour écouter une interview radio faite lors des « Ecodialogues du Vigan » sur ce toujours même défi de nourrir l’humanité, en particulier vie une agriculture écologiquement intensive :

http://www.partage-facile.com/KTW36H63WG/parmentier.mp3.html

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On peut nourrir l’humanité (à condition de s’y mettre vraiment)

A la suite de ma participation sur ce thème aux Journées de l’économie à Lyon (JECO), le site « Economie matin » m’a demandé de rédiger mon introduction générale aux débats :  http://www.economiematin.fr/les-experts/item/2464-monde-famine-9-milliards-habitants-surpopulation-onu

Elle fait 6 pages et vous la trouverez également à la rubrique « Textes de fond agriculture » de ce même blog. Bonne lecture !

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Une vidéo sur l’avenir de l’agriculture

Vous pouvez voir une vidéo de 26 mn, résumé de mes conférences habituelles, donnée en septembre dernier dans le cadre des conférences TEDx Atlantique, à l’adresse suivante :

http://www.youtube.com/watch?v=MvPj9bBM9rk&feature=youtu.be

Bon visionnage !

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De la crise à la famine, scénario catastrophe

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Le mémorial de la famine à Dublin

Entre 1846 et 1851, les récoltes de pommes de terre irlandaises sont perdues à cause du mildiou, ce qui provoque 1 million de morts et 2 millions d’immigrés.

 

La France, qui affiche aujourd’hui une agriculture largement exportatrice, a quand même connu onze disettes au XVIIe siècle, seize au XVIIIe, et dix encore au XIXe. même au XXe siècle, les deux guerres mondiales ont provoqué pénuries et rationnements et il a fallu attendre 1949 pour voir disparaître les cartes de rationnement et 1986 pour que les préfets cessent de fixer le prix du pain à Paris !

Une journaliste m’a récemment interrogé car elle me disait préparer une fiction sur un éventuel retour des famines en France ; est-ce envisageable ?

La première réponse est évidemment négative : avant que les famines n’arrivent dans l’Hexagone, bien d’autres régions du monde les auront vues se déployer, et, même en Europe, bien d’autres pays moins bien dotés en agriculture. Nous produisons plus de nourriture que nous n’en consommons, ce qui contribue efficacement à notre balance commerciale. Bien évidemment, si des pénuries arrivaient, nous commencerions par nous servir nous-mêmes.

D’ailleurs, qu’est une vraie crise ? Je propose une définition simple : c’est lorsque les banlieusards arrachent les rosiers de leur jardin et les habitants des immeubles leurs géraniums de leur balcon pour… planter des pommes de terre ! Je constate qu’on n’y est pas encore bien heureusement.

Ceci dit, cette question peut être l’occasion de réfléchir sur nos fragilités. Nous avons probablement l’agriculture la plus « moderne » du monde : nulle part ailleurs qu’en Europe de l’Ouest on arrive à sortir en moyenne 80 quintaux de blé à l’hectare, même sur des mauvaises terres, comme par exemple en Champagne (rappelons ici une constatation simple : partout où on a planté des vignes dans le temps c’est que les terres rendaient mal pour le blé !). Aux États-Unis, pays très extensif, les performances sont près de deux fois inférieures ; en Ukraine aussi, sur les meilleures terres du monde… De la même manière, alors que nos grands-parents étaient contents lorsqu’une vache leur donnait 3 000 litres de lait par an, maintenant on est déçu à moins de 8 000. Mais cette modernité se double d’une grande fragilité : nous sommes probablement les plus dépendants au monde de l’accès à des ressources extérieures soit non renouvelables, comme le pétrole et le gaz, soit de plus en plus aléatoires, comme le soja. En particulier, nous avons développé un élevage exceptionnel dans notre pays, mais qui a un talon d’Achille extrêmement préoccupant : une bonne partie de nos animaux mangent des végétaux, en particulier du soja ou du maïs, produits à 15 000 km de nos côtes. De même, nos céréales ont un énorme besoin d’engrais ; or l’engrais principal, le nitrate, est fabriqué à base de gaz naturel importé, et les autres, comme le phosphate, est très largement acquis à l’étranger dans des mines qui commencent à s’épuiser.

D’où l’idée d’un scénario catastrophe que j’ai fini par lâcher dans la conversation, en cas de cumul dans le temps des trois principaux risques qui menacent l’agriculture. Le risque climatique, qui pourrait bien provoquer plusieurs années de suite des sécheresses (ou des inondations) aux conséquences très fâcheuses. Le risque sanitaire, qui verrait arriver de nouvelles maladies ou de nouveaux prédateurs qui s’attaqueraient à nos récoltes ou à notre cheptel et qu’on ne saurait pas rapidement éradiquer. Et le risque géopolitique qui menacerait la circulation des bateaux sur les mers, et / ou l’appétence des pays producteurs d’énergie, d’engrais ou de protéines végétales à nous les vendre à un prix raisonnable. Voir le risque de troubles sociaux intérieurs qui pourraient menacer l’approvisionnement en particulier de la région parisienne (en se limitant à 1 kilo de nourriture par personne et par jour, il faut faire rentrer quotidiennement en Ile de France au moins 10 000 tonnes de nourriture !).

Dans le cas le pire, la simultanéité de ces trois événements, ce serait effectivement plus compliqué de manger. Je ne crois pas que nous risquions au moins à court terme ce qu’il est convenu d’appeler une famine, mais des transformations notables de nos habitudes alimentaires évidemment que oui. Dans ce scénario, une bonne partie de notre élevage s’effondrerait rapidement purement et simplement. De plus, les rendements céréaliers chuteraient, ainsi que celui des fruits et légumes.

Nous avons doublé notre consommation de viande et plus que doublé notre consommation de lait en deux générations, pour arriver actuellement à 85 kg de viande et 90 kg de lait par personne et par an. Idem pour les fruits. Il est clair que, si les prix de ces produits augmentent très fortement, notre consommation pourrait revenir à celle qu’elle était dans les années 50 : évidemment peu de changements à Neuilly-sur-Seine ou à Nice, mais beaucoup à Aubervilliers et à Béthune : de la viande et des laitages seulement une ou deux fois par semaine, et de nouveau beaucoup plus de pain, de pâtes et de pommes de terre. Or c’est beaucoup plus difficile socialement d’accompagner la régression sociale, surtout quand elle se traduit par une régression alimentaire que l’augmentation régulière du niveau de vie. On pourrait donc imaginer l’apparition de troubles sociaux majeurs, et de pillage de supermarchés ou de camions de livraison… Ce serait une vraie crise en France, une véritable épreuve dans un pays démocratique, qui éprouverait fortement la solidité de nos mécanismes de solidarité sociale, même s’il est peu probable qu’on puisse utiliser à bon escient le mot de famine.

Le pire n’arrive pas toujours ! Personnellement je ne crois pas à ce scénario catastrophe. Mais, puisque les temps sont devenus beaucoup plus incertains pour nous, pourquoi ne pas commencer à réfléchir à ce que nous ferions si les choses allaient vraiment mal ?

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RV sur Europe 1 : Que manger pour que tous mangent ?

Pour ceux qui veulent écouter l’émission d’Europe 1 du lundi 24 septembre de 11 h 30 à 12 h 30 pour parler du thème « Si on ne peut plus cultiver des OGM, pourra-t-on nourrir tout le monde ? » (48 mn de débat avec Frédéric Salman, nutritionniste et cardiologue, Gérard-François Dumont, géographe et démographe, directeur de la revue « Populations et avenir » et Louis-Marie Houdebine, chercheur en biotechnologies).

Thèmes traités : Que mange-t-on ? Qui mange quoi ? Faut-il changer nos habitudes alimentaires ? Comment peut-on bien manger, et tous manger ? Quels espoirs et quels risques avec les OGM et /ou l’agriculture écologiquement intensive ? Quel est le poids de la spéculation ? …

http://www.europe1.fr/MediaCenter/Emissions/Europe-1-Midi/Sons/Europe-1-midi-Le-debat-24-09-12-1249755/

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Rendez-vous sur France Culture

Pour réentendre l’émission « Du grain à moudre » du jeudi 13 septembre sur France culture, sur le thème : 

A-t-on tiré les leçons des émeutes de la faim de 2008 ?

Où je dialogue pendant 40 minutes avec Sylvie Brunel géographe et Hervé Gardette, journaliste :

 

http://www.franceculture.fr/emission-du-grain-a-moudre-a-t-on-tire-les-lecons-des-emeutes-de-la-faim-de-2008-2012-09-13

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Vers de nouvelles crises alimentaires

Ce texte est paru dans Le Monde du 20 août 2012 sous le titre :

Il faut en finir avec la gabegie alimentaire

Pour ceux qui sont abonnés à ce journal, il est toujours disponible à l’adresse suivante

http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2012/08/20/il-faut-en-finir-avec-la-gabegie-alimentaire_1747813_3232.html?xtmc=gabegie_alimentaire&xtcr=1 

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En rouge les comtés US touchés par une sécheresse sévère en 2012

Cet été, il a fait très chaud et sec aux USA ; une sécheresse historique, du jamais vu, qui a touché 60 % du pays, et le Mexique. Les récoltes de maïs, de soja et de blé de l’un des plus grands greniers du monde seront carrément mauvaises… Malheureusement, simultanément, un deuxième grenier du monde souffre de la sécheresse : la Russie, l’Ukraine et le Kazakhstan, tandis que la mousson s’est fait attendre en Inde, et que les récoltes européennes ont parfois été affaiblies, elles, par trop de pluie. Sans parler de l’absence de récoltes, pour la troisième année consécutive, en Afrique de l’Est. Au total une nouvelle année de déficit en grain se profile sur la planète. Et espérons que cette année l’hémisphère sud soit au rendez-vous, sans sécheresse ni inondation en Australie, au Brésil et en Argentine…

C’est devenu une fâcheuse habitude au XXIe siècle : les années déficitaires en céréales sont dorénavant plus fréquentes que les années excédentaires ; on n’arrive pas à reconstituer des stocks dignes de ce nom et d’ailleurs on ne tente guère car ce n’est plus à la mode, le « moderne » maintenant c’est la spéculation ! Du coup on vit au jour le jour, et la paix dépend maintenant largement des incidents climatiques dans les zones d’excédents céréaliers, lesquelles sont peu nombreuses et très localisées : les mauvaises récoltes de 2007 ont entraîné des émeutes de la faim dans 36 pays, de Dakar à Mexico en passant par Le Caire, tandis que celles de 2010 ont été une cause directe des révolutions arabes…

Cet hiver, que va-t-il se passer si le cours des céréales et du soja continue à flamber ? Les spéculateurs vont s’en donner à cœur joie, aggravant évidemment le phénomène. Trois conséquences sont malheureusement prévisibles, puisque les céréales ont maintenant trois usages concurrents.

·     Une bonne partie des 920 millions de malnutris, en tous les cas ceux qui habitent dans les grands bidonvilles du monde, vont avoir encore plus faim. Comme ils consacrent souvent 70 à 80 % de leurs ressources à acheter leur nourriture, ils ne pourront plus le faire. Mais une nouvelle cohorte va les rejoindre : 30 ; 50 ; 70 millions d’affamés supplémentaires parmi ceux qui étaient encore juste « du bon côt頻, ceux qui mangeaient mal mais mangeaient encore sans avoir trop faim. On va franchir de nouveau le cap symbolique du milliard d’affamés. Ça ne va pas leur plaire et ils vont le faire savoir à leurs gouvernements. Lesquels vont tomber cette fois-ci ? Avec quelles conséquences géopolitiques régionales ? En Europe, le prix du pain et de la farine vont augmenter, ce qui sera mal venu en période de récession, mais n’ayons pas l’impudence de nous comparer aux africains, et rappelons-nous que quand nous achetons une baguette, nous achetons du loyer, de l’énergie, de l’amortissement de matériel, du salaire et des charges sociales, très peu de blé, lequel ne représente en définitive qu’environ 5 % du prix final !

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Et si nous prenions au sérieux les propositions d’Olivier de Schutter,

Rapporteur spécial des Nations-Unies sur le Droit à l’alimentation ?

www.srfood.org/

Ainsi que l’avertissement solennel des trois directeurs des organismes internationaux :

Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO),  Fonds international pour le développement agricole (FIDA) et Programme alimentaire mondial (PAM) www.fao.org/news/story/fr/item/155522/icode/

  

·     Les éleveurs ne pourront pas nourrir toutes leurs bêtes ou perdront de l’argent en tentant de maintenir leurs effectifs. La moitié du blé mondial et les trois quart du maïs et du soja ne servent pas à faire du pain, des pâtes, du couscous, des tortillas ou du tofu, mais du poulet, des œufs, du porc, du lait et du bœuf ! Est-ce bien raisonnable à l’échelle mondiale ? Ces crises à répétition ne vont-elles pas nous amener à nous interroger sur la durabilité de notre système alimentaire, qui nous amène à manger en France chaque année 85 kilos de viande et 90 kilos de laitage. Et que dire des Etats-Unis (125 kilos de viande), sans compter la Chine qui rejoint notre gabegie alimentaire à grande vitesse ? En tous les cas, à court terme, soit nous acceptons une forte hausse du prix de ces produits, soit les éleveurs seront dans la rue, avant de gouter aux charmes de pôle emploi. La saga du groupe volailler Doux, qui nous a tenus en haleine cet été risque de n’être que le premier chapitre d’une crise plus profonde.

·     Les politiques de soutien aux agrocarburants de première génération (éthanol à base de maïs aux USA, biodiésel à base de colza en Europe ou d’huile de palme dans de nombreux pays du Sud, en particulier suite à des investissements étrangers) vont à nouveau être fortement questionnées. Est-ce bien raisonnable de continuer à… brûler une ressource aussi essentielle et dorénavant rare que les grains de céréales ou d’oléagineux, et de défricher à grande échelle la forêt vierge pour pouvoir poursuivre ? Non bien sûr ! Mais est-ce qu’en pleine période électorale, le président des USA pourra remettre en question le fait que 40 % de l’énorme récolte de maïs US sert dorénavant à faire rouler les 4/4 des américains plutôt qu’à nourrir les ouvriers mexicains (ou les bœufs américains) ? Et nous, en Europe, saurons-nous tourner la page et passer directement aux agrocarburants de deuxième génération (des plantes entières et des résidus de culture et non des graines) et de troisième (les algues en particulier) ? Actuellement en France les 2/3 de nos « champs fleuris jaunes » de colza et tournesol servent à faire du diester pour nos voitures, soit déjà 5 % de la surface agricole du pays !

Alors, que faire, à part activer les débats citoyens sur ces questions oh combien fondamentales ? Prendre conscience que l’agriculture représente dorénavant une question clé pour la paix du monde, et qu’elle a besoin d’un effort collectif très important et d’investissements considérables pour être à la hauteur du défi. S’organiser entre les différents états du monde pour prévenir les crises, avec une limitation de la spéculation, la constitution de stocks tampon sur tous les continents, et la circulation de l’information (ce que le G20 a, soi-disant, décidé de faire !). Revoir nos habitudes alimentaires : moins d’obèses ici et moins de malnutris là-bas, tout le monde finirait par y gagner. Et promouvoir sur tous les continents une agriculture qui réconcilie écologie et agriculture (en particulier agroécologie ou agriculture écologiquement intensive), qui permette aux paysans du monde de produire eux-mêmes, suffisamment (c’est-à-dire beaucoup) et de façon plus durable avec beaucoup moins d’intrants, même en prenant en compte les effets délétères du réchauffement planétaire.

 

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Des OGM contre les moustiques

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 Le moustique tigre envahit la France, préférons-nous les OGM ou le chikungunia ?

Le Monde du 18 juillet 2012 se fait l’écho d’une nouvelle considérable : l’inauguration au Brésil d’une unité de production d’insectes transgénique qui produira chaque semaine 4 millions de moustiques mâles Aedes aegypti modifiés qui agiront sur leur propre espèce comme des insecticides. Ils s’accoupleront avec les femelles sauvages et transmettront à leur progéniture un gène qui rendra impossible le développement des larves. On espère enrayer ainsi le développement de la Dengue, une maladie virale en rapide progression, qui provoque des fortes fièvres, des douleurs articulaires et musculaires, et dont certaines formes peuvent être mortelles. Quant aux insectes lâchés, ils ne peuvent servir de vecteurs à la maladie puisqu’ils ne piquent pas, car seules les femelles ont besoin de repas sanguins avant la ponte.

Une variante de cette technique permet de lutter contre la propagation aussi récente que préoccupante dans le Sud de la France du moustique-tigre, Aedes albopictus, vecteur de la dengue et du chikungunya : il a été modifié pour que sa descendance femelle soit incapable de voler. Donc de piquer et de se reproduire.

On n’a pas fini d’entendre parler des OGM, ce qui rendra de plus en plus difficile la position de nombre de nos compatriotes qui sont fiers d’être « contre les OGM ». D’accord, mais lesquels exactement ? Ceux que cultivaient en 2010 17 millions d’agriculteurs sur 160 millions d’hectares (soit un champ sur 10 de la planète, ou 8 fois la superficie cultivée de la France) ? Les futurs OGM qui permettront de faire pousser des céréales avec moins d’eau, ou sur des terres salées ? Les 2 875 suivants qui vont arriver dans les 30 prochaines années ? L’insuline OGM pour soigner les diabétiques ? La thérapie génique contre l’hémophilie, la myopathie, la mucoviscidose, le diabète ou la maladie de Parkinson ? Le gène  RPE65 qui rend la vue à des enfants aveugles ? Et ici la lutte sans insecticides contre le moustique, qui tue plus d’un million de personnes chaque année et occupe donc la place de principal tueur d’hommes sur la planète ?

Arrêtons donc de parler « des » OGM, et regardons concrètement… lesquels.

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