Après la canicule : faillite de nombreux agriculteurs et inflation alimentaire ?

Nous sortons tous groggys et épuisés de ces longs épisodes de canicule et de l’intense sécheresse qui allait avec. Ce n’est pas fini : en particulier les conséquences vont être absolument dramatiques pour de très nombreux agriculteurs, et les consommateurs vont devoir faire avec certaines pénuries, et le retour de l’inflation alimentaire (surtout en 2027, avec un certain effet retard)…

L’agriculture française doit maintenant affronter une de ses pires crises depuis la 2e guerre mondiale ! Elle coûtera au moins 5 milliards, et menace directement la survie d’au moins 30 000 exploitations agricoles… Juste au moment où la crise de la dette publique prive le pays des moyens qui seraient nécessaires, le début de campagne présidentielle paralyse l’action politique, et la capacité de décision du parlement sans majorité reste figée…On va droit vers une forte chute de l’autonomie alimentaire du pays. Non seulement il faut trouver des moyens pour empêcher les agriculteurs de sombrer, mais en plus il va falloir en consacrer davantage, sur plusieurs années, pour adapter en profondeur notre agriculture à la nouvelle donne climatique.

Depuis l’espace, la sécheresse de 2026 se voit à l’œil nu par rapport à 2024…

La production agricole est très affectée, pour de longs mois

Pas grand-chose à sauver dans ce champ de maïs !

Comme tous les Français peuvent le constater en se promenant dans la campagne, les champs de maïs sont dans un triste état. On prévoit une récolte de l’ordre de 9 millions de tonnes au lieu des 15 habituels (par exemple en 2023 et 2024). Ceci représente une perte estimée entre 1 et 1,5 milliards d’euros !

Trois facteurs se combinent : par anticipation, les surfaces semées ont diminué (environ -20 % sur un an), et les rendements se sont fortement dégradés. De plus, comme les grains ne se remplissaient pas, certaines récoltes ont été avancées pour être utilisées comme fourrage plutôt que d’espérer de faibles récoltes de grains.

Bien entendu, les parcelles non irriguées ont particulièrement souffert, mais, dans de nombreuses régions, de toute façon, l’irrigation a été rationnée en raison de la grande sécheresse.

L’essentiel de ce maïs est destiné à l’alimentation animale ; cela va donc impacter fortement l’élevage.

Il est temps d’amener un peu des réserves de foin de l’hiver si on veut avoir du lait…

D’autant plus que, comme chacun peut le constater également, l’herbe ne pousse plus depuis de longues semaines. On estime une perte de production de fourrages d’au moins un tiers sur l’ensemble de l’année.

Les animaux ont déjà largement entamé leurs provisions d’hiver, et il va être très difficile de les reconstituer. Acheter de la nourriture va coûter cher, la transporter également, et surtout la sécheresse et la canicule ayant touché toute l’Europe, il n’y aura tout simplement pas de foin ni de maïs fourrage à acheter.

Les pertes ne s’arrêtent donc pas au rendement des récoltes 2026. La plupart des éleveurs vont probablement devoir sacrifier des animaux pour réduire la taille de leur troupeau en ne gardant que ceux qu’ils pourront nourrir cet hiver. On risque paradoxalement d’avoir un excès de viande disponible à la fin de l’année 2026, suivi de réelles pénuries en 2027…

Ceci va s’ajouter aux pertes déjà enregistrées pendant la canicule : les vaches qui ont chaud produisent nettement moins de lait, au moins -10 % ; ce sont des millions de litres de lait en moins dans l’approvisionnement des laiteries. Et il y a un effet retard : ces animaux mettent du temps à retrouver leur niveau de production antérieur.

Exceptionnellement, les éleveurs ont été autorisés à enfouir les cadavres de leurs volailles mortes de chaud

Des millions de poulets sont carrément morts de chaud. Mais il faut comprendre que la mortalité n’est que la partie visible du problème. Chez les volailles, la chaleur entraîne à la fois une baisse de consommation alimentaire, de la ponte, et de la taille des œufs et une augmentation de la mortalité. Des estimations indiquent une baisse de ponte pouvant atteindre 5 à 10 %, et davantage dans les élevages les plus exposés.

Donc, si l’on cherche à mesurer le coût agricole réel de la canicule pour les éleveurs, il faut additionner : animaux morts + lait non produit + œufs non produits + croissance ralentie des volailles/porcs + animaux réformés prématurément + effets retardés sur la production + achats d’aliments supplémentaires. Tout cela représentera plus d’un milliard d’euros.

Heureusement, le blé était déjà très avancé dans son cycle lorsque les premières grosses chaleurs sont arrivées. Le remplissage du grain était largement engagé, voire terminé dans les régions les plus précoces. La chaleur peut accélérer la fin du remplissage et faire baisser le poids des grains, mais elle n’a pas le même effet dévastateur qu’une sécheresse sur un maïs encore en pleine croissance. Donc les moissons ont été précoces, mais correctes (« seulement » -4 % de récolte par rapport à 2025).

La récolte de tournesol, devrait un peu moins souffrir que celle de maïs, car on a augmenté les surfaces semées de 13 %, ce qui atténuera les effets des baisses de rendement, avec de grandes disparités : l’écart entre parcelles est exceptionnellement important cette année, en particulier entre parcelles irriguées et non irriguées, mais aussi à l’intérieur même des parcelles.

Les champs de pommes de terre n’ont pas bonne mine non plus !

L’autre grande catastrophe annoncée concerne la pomme de terre, dont la récolte devrait baisser d’au moins un quart, avec des tubercules de nettement plus petite taille (pas de grandes frites cette année !). C’est rageant quand on pense qu’en 2025 il y a eu une forte surproduction et que nombre de producteurs ont dû détruire une partie de leur production, s’agissant d’un produit périssable ! D’avoir su, on aurait pu faire des provisions de frites surgelées et de poudre de purée ! On estime là les pertes à près d’un demi-milliard !

Et bien entendu, comme on peut le voir aisément sur les étals, avec la production de fruits et légumes a été carrément sinistrée : moindre quantité, petite taille, fruits abimés. On estime que les pertes dépasseront largement de demi-milliard d’euros.

Instantanés dans des supermarchés d’Angers début septembre 2026. Photos de l’auteur

Au total on peut raisonnablement estimer que les pertes des agriculteurs vont dépasser les 5 milliards. Même s’il faudra attendre la fin de l’année pour avoir des estimations exactes…

Des dizaines de milliers d’agriculteurs sont menacés de faillite

Le ministère de l’Agriculture effectue un recensement département par département pour tenter de prendre l’exacte mesure de la crise qualifiée « d’une gravité exceptionnelle ». On estime actuellement que plus de 20 % des exploitations seraient en difficulté, et que 10 % des exploitants (soit de l’ordre de 35 000) ont besoin d’une aide financière urgente pour ne pas devoir cesser leur activité.

Il faut bien se rendre compte que la plupart de ces agriculteurs gagnent chichement leur vie et n’ont aucune réserve monétaire. Sans apport d’argent frais, ils ne pourront pas tenir et devront aller chercher du travail ailleurs, et il n’est pas sûr que leurs champs produisent l’année prochaine.

Il faudra aussi compter avec l’ambiance délétère dans les campagnes, avec le sentiment d’une sorte de « fin du monde ». Rappelons que le taux de suicide dans cette profession est l’un des plus hauts en France. Reste à espérer que le désespoir ne prenne pas le dessus…

En 1976, le gouvernement de Raymond Barre avait mis en place un « impôt sécheresse exceptionnel » pour secourir les agriculteurs en difficulté. Il a été financé moitié par une taxe sur l’essence, et moitié par une majoration de l’impôt sur le revenu des contribuables les plus aisés, à hauteur de 5,5 milliards de francs… On voit difficilement l’actuel gouvernement rééditer cette opération dans le climat politique et économique actuel, et l’actuel parlement la voter…

Et de toute façon la situation a changé : ce qui était absolument exceptionnel en 1976 devient malheureusement « normal » 50 ans plus tard : avec l’accélération du réchauffement climatique, dans les prochaines années on se retrouvera fréquemment confrontés à ce type de sécheresses et de canicules…

Il faut donc à la fois trouver des moyens pour à la fois, à court terme ne pas perdre quelques dizaines de milliers d’exploitations agricoles, et à moyen terme adapter notre agriculture à la nouvelle donne climatique.

Sous peine de diminuer fortement notre autosuffisance alimentaire, une opération très dangereuse dans le climat géopolitique actuel. Deux exemples actuels pour s’en convaincre :

  • La guerre en Ukraine s’intensifie de nouveau en mer Noire, ce qui empêche ou perturbe fortement la sortie de nombreux cargos transportant les récoltes russes et ukrainiennes. En année normale, les exportations maritimes de céréales de la Russie et de l’Ukraine représentent de l’ordre de 90 millions de tonnes par an. Des milliers de navires, notamment des vraquiers céréaliers, circulent chaque année entre les ports de la mer Noire, le Bosphore et la Méditerranée. Toute perturbation durable de cette route menace donc une partie importante de l’approvisionnement mondial en céréales.
  • La sécheresse au Panama a fortement diminué le niveau d’eau du lac Gatún, qui alimente les écluses du canal, aussi bien du côté Pacifique que du côté Atlantique. Rappelons que, contrairement au canal de Suez qui est « plat » au niveau de la mer, celui de Panama fonctionne comme un escalier : les bateaux sont élevés jusqu’à environ 26 mètres au-dessus du niveau de la mer pour atteindre le lac Gatún, puis redescendus de l’autre côté. Chaque passage dans les gigas écluses consomme une quantité considérable d’eau douce : de l’ordre de 200 à 300 millions de litres selon le type de navire et les écluses utilisées. Pour préserver les réserves d’eau nécessaires à la fois au canal et à l’approvisionnement en eau potable de la population, l’Autorité du canal a dû réduire le nombre de passages quotidiens. En temps normal, environ 14 000 navires par an empruntent le canal, soit autour de 35 à 40 par jour. Comme lors de la grave sécheresse de 2023-2024, le nombre de passages a été rationné. Or environ 5 % du commerce maritime mondial passe par ce canal. Il est notamment important pour les échanges entre l’Asie et la façade est des Amériques, ainsi que pour certains produits agricoles d’Amérique latine (bananes de l’Equateur, avocats du Pérou, raisins et pommes chiliennes par exemple).

Il faut adapter notre agriculture au nouveau climat qui arrive

Assurer la survie à court terme des agriculteurs est indispensable, mais ne servira à rien si on ne réussit pas à adapter notre agriculture aux nouvelles conditions climatiques qui s’installent.

Ceci ne préjuge en rien des efforts absolument nécessaires pour diminuer drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre pour ralentir, voire diminuer ce réchauffement climatique. Car, même si on réussit ce tour de force au niveau mondial, ce qui est fait est fait et il faudra des dizaines d’années pour revenir éventuellement au climat d’avant.

Voici quelques idées, sachant que les différentes actions doivent être localisées, et adaptées aux conditions prévisibles de chaque microrégion. (Liste évidemment non exhaustive !).

Revoir la répartition géographique des différentes productions.

La France, contrairement à l’Espagne par exemple, n’est pas (encore ?) en voie de désertification. Sauf peut-être un seul département, celui des Pyrénées orientales… Ceci nous offre certaines possibilités de produire, en particulier dans la moitié nord du pays, des plantes dont la production était jusqu’à présente localisées dans le sud, ou autour du bassin méditerranéen. Voir mon article : Chaque région française doit faire évoluer son agriculture pour s’adapter au réchauffement.

Quand on admet qu’en 2060 la Bretagne et l’île de France auront le climat actuel de Montpellier, et en 2100 celui de Cordoue ou d’Alger, on gagnerait à se préparer à y reprendre des productions actuellement typiques de ces régions : vignes, tomates, oliviers, etc. ! J’ai ainsi calculé qu’il y a de la place pour 1000 hectares de nouvelles serres de tomates au nord de la Loire, de Nantes à Brest et au Havre… (voir mon article : Il faut réinvestir massivement dans les serres de tomateshttp://nourrir-manger.com/2025/04/18/il-faut-reinvestir-massivement-dans-les-serres-de-tomates/).

Certains viticulteurs ont planté des vignes en Bretagne et engagé des démarches pour créer une Appellation d’origine contrôlée « vin de Bretagne ».

La pitoyable récolte 2026 de maïs peut également faire réfléchir. Voici une céréale originaire d’Amérique centrale, où la saison des pluies se déroule de juin à septembre. C’est dont toujours à cette époque qu’il faut l’irriguer si on veut qu’elle produise convenablement. Contrairement au blé, nettement mieux adapté à nos latitudes, qui boit, lui, majoritairement de mars à juin (il n’est donc pas étonnant que cette année 2026 le blé ait tiré son épingle du jeu contrairement au maïs).

Champ de maïs et de sorgho à Chateauneuf de Galaure (Drôme, 26), le 27-08-2026. En France en 2026, 1 155 800 ha de maïs et 15 000 ha de sorgho ! (Données Agreste et Sorghum ID 2026). Il serait peut-être utile de rééquilibrer un peu… Photo Jeremy Martinet

Mais on cultive très peu le sorgho, qui, lui, vient du Sahel (où on l’appelle le mil) et est beaucoup mieux armé contre le stress hydrique et la chaleur (voir mon article : « 2023, année du mil promue par les Nations-Unies… parce qu’il n’y a pas que le blé et le riz pour nourrir les hommes ! »). Cette céréale a des racines plus profondes, et une meilleure capacité à exploiter l’eau résiduelle du sol, ainsi qu’une photosynthèse qui continue à fonctionner avec des températures plus élevées et qui lui permet de rester verte. On pourrait commencer sérieusement à faire un peu de mutation des productions là où on se doute que l’eau va manquer régulièrement… et où il ne fait pas trop froid au printemps. Ce qui suppose d’établir toute une chaine (filière de collecte, de séchage, et de valorisation. On gagnerait à  cesser de mettre toutes les cultures de printemps dans le même « panier climatique ». 10 à 20 % des parcelles qui passeraient du maïs au sorgho dans les zones à risque serait probablement une bonne option à court terme…

Améliorer notre façon de gérer l’eau

Avouons-le, en France nous ne sommes pas performants en gestion de l’eau. Le spectacle de l’année 2026, avec les gigas inondations de février suivies par des méga sécheresses à partir de juin ne peut que faire réfléchir. Comment n’arrivons-nous pas à garder un peu plus d’eau tombée en abondance l’hiver pour en disposer pendant l’été ?

liste 16 pistes d’actions (liste non exhaustive évidemment) dans mon article : « De l’eau pour manger s’il vous plaît ! ». Nul doute que nous avons de nombreuses pistes d’amélioration dans les prochaines années, si on veut bien s’y mettre enfin !

Ces photos de la Loire, prises au même endroit à 5 mois d’intervalle (Damien Meyer / AFP), interrogent vraiment sur notre capacité à gérer l’eau !

Notons par exemple deux expérimentations originales en cours dans le sud-ouest :

  • Dans la moyenne vallée de la Garonne, au sud de Toulouse, on tente d’utiliser le système d’irrigation existant (le « canal de St Martory »), qui distribue l’eau du fleuve, en le faisant fonctionner en hiver, quand il est est plein d’eau. Compte tenu des la nature des sols, l’eau met entre 4 et 6 mois pour franchir les 8 km qui séparent le canal du cours du fleuve. On tente ainsi de regonfler le niveau de la Garonne l’été avec l’eau de la Garonne prélevée l’hiver, ce qui permet de donner une nouvelle chance à l’irrigation. (Voir mon article : « Arroser l’hiver pour avoir de l’eau dans les rivières l’été »)
  • Dans le Béarn, la coopérative Euralis répand des graines de plantes de couverture par hélicoptère au-dessus des champs de maïs début septembre ; elles tombent sur le sol et germent ; quand le maïs est récolté en novembre, en dessous c’est vert, et on ne laboure plus pour élever et nourrir les vers de terre pendant l’hiver. Les galeries creusées par les vers de terre facilitent l’infiltration des eaux de pluie, qui sont davantage stockées dans le sol, puis permettent d’allonger les racines du maïs suivant, qui va chercher lui-même son humidité là où elle se trouve. En quelque sorte le ver de terre devient une vraie alternative à l’irrigation, à une période où, avec la fonte des glaciers des Pyrénées, les rivières sont à sec l’été.

Remettre des arbres, partout !

Nous devrions repenser l’ensemble du paysage agricole, en réimplantant des arbres partout, en particulier remettre des haies et favoriser l’agroforesterie et l’hydrologie régénérative. En ville également bien sûr, depuis nos avenues jusqu’aux cours d’écoles !

L’arbre retient l’humidité, abaisse la température, abrite les animaux auxiliaires de culture, fait circuler les éléments nutritifs, etc.

Voir mon article : « Planter 1 milliard d’arbres en France ? Réaliste ? Souhaitable ? »

Remembrement en France : 350 millions d’arbres abattus ! Il est temps d’inverser le processus et de replanter massivement.

Installer des panneaux photovoltaïques mobiles sur les serres !

Quand il fait très chaud dehors, inutile de dire qu’on étouffe dans les serres ! Si on veut continuer à y produire des légumes, l’installation de panneaux solaires rotatifs sur leurs toits semble dorénavant indispensable. En fonction de l’ensoleillement et de la température, on fait pousser ou on protège les salades tout en produisant de l’électricité !

Avec un taux de couverture de moins de 50 % par rapport à un système au sol classique, la terre reçoit 75 % du rayonnement solaire, et les cultures se portent très bien. Orientables et pilotables, les panneaux peuvent apporter de l’ombre quand il fait trop chaud, limiter l’évaporation de l’eau (- 20 % de consommation), garder la chaleur en hiver (+2° en période de grand froid), ou encore protègent de la grêle.

Les prix de la nourriture ne peuvent que monter

En 2025, l’inflation a atteint +15 % sur les produits alimentaires ce qui a beaucoup marqué les Français. Les journalistes nous abreuvaient de reportages sur « le panier de la ménagère ». Depuis les prix se sont calmés : l’Insee estime à 2 % l’inflation alimentaire au 1er semestre 2026. Mais évidemment, avec tout ce qu’on vient de voir, ils ne peuvent que repartir à la hausse !

On a déjà pu constater que les fruits et légumes sont souvent rares, petits, et chers.

On peut raisonnablement s’attendre à des hausses globales allant de 2 à 4 % d’ici la fin de l’année 2026. En effet les contrats d’achat des supermarchés sont annuels, et ils possèdent des stocks de produits transformés, ce qui retarde l’inéluctable.

De plus, il ne faut pas oublier que le prix payé au producteur ne compte que pour une faible partie dans le prix final du produit. Par exemple le prix du blé n’entre qu’à environ 8 % dans le prix de la baguette, qui est finalement plus sensible au prix de l’énergie ou à la hausse des charges sociales. Voir par exemple mon article : « La nourriture est-elle trop chère ? ».

Le consommateur pourrait également, sur certaines productions, profiter du malheur des agriculteurs ! Par exemple si les éleveurs sont obligés de réduire la taille de leurs troupeaux fin 2026, on aura un afflux de viande dans les rayons, ce qui risque de faire baisser (provisoirement) son prix.

Mais l’essentiel de la hausse des prix alimentaires risque de se produire en 2027, quand les effets se feront vraiment sentir dans les achats des entreprises de la Grande distribution et que ces dernières seront obligées de « lâcher du lest » lors des négociations commerciales annuelles du mois de février.

Il n’est donc pas exclu de constater une réelle reprise de l’inflation alimentaire courant 2027, due aux effets retard des canicules 2026 ! Tout finit pas se payer.

A propos BrunoParmentier

Bruno Parmentier : Consultant et conférencier sur les questions d’agriculture, alimentation, faim dans le monde et développement durable. Président ou administrateur d’ONG et de fondations. J'ai dirigé de 2002 à 2011 le Groupe ESA (École supérieure d'agricultures d'Angers). Ingénieur des mines et économiste, j'avais auparavant consacré l'essentiel de mon activité à la presse et à l'édition. J'ai eu ainsi l'occasion de découvrir à l'âge mûr et depuis un poste d'observation privilégié les enjeux de l'agriculture et de l'alimentation, en France et dans le monde. Il en est sorti quatre livres de synthèse, un sur l'agriculture, l'alimentation, la faim et le réchauffement climatique. Des livres un peu décalés, qui veulent « sortir le nez du guidon » pour aller aux enjeux essentiels, et volontairement écrits avec des mots simples, non techniques, pour être lisibles par des « honnêtes citoyens ». Ce blog prolonge ces travaux et cette volonté d'échange. Il est également illustré par une chaine YouTube http://nourrir-manger.com/video
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