Exposition universelle de Milan : hors sujet !

Après Séville en 1992, pour le 500e anniversaire de la Découverte de l’Amérique, Hanovre en 2000, sur les économies d’énergie et d’espace, Shanghai en 2010 sur la « meilleure ville, meilleure vie », le thème retenu cette année était « Nourrir la planète, énergie pour la vie », un thème à ne pas manquer, en théorie ! La prochaine sera en 2020 à Dubaï.

Expo universelle, vue générale

Bonjour la démesure : 3 milliards d’euros d’investissement, 70 000 emplois créés, 29 millions de touristes attendus (160 000 par jour) 145 pays exposants, etc.

Eh bien, sur le fond, c’est très très décevant ! Au-delà du choc de la mégalomanie et des performances architecturales successives, les exposants n’ont rien de consistant à dire au public.

Déjà, comme tout est évidemment en italien, une langue finalement peu parlée dans le monde, tout est doublé en anglais, mais l’idée générale est que moins il y aura de texte mieux on se portera. Bref en fait le thème récurrent, c’est de tenter dire avec une débauche d’images animées « Venez, venez dans mon pays, il est très beau et on y mange bien » ; on est en face d’une gigantesque foire de promotion touristique mondiale, mais sur le vrai thème : comment allons-nous faire pour nourrir tout sur cette planète et pour résorber la faim dans le monde, il n’y a pratiquement rien !

Expo universelle, pavillon France

Pavillon de la France, original et beau certes, mais aussi insignifiant que les autres ! Enfin on y vante notre pain, nos vins et notre gastronomie…

Expo universelle, pavillon Chine

Le pavillon de la Chine avec son tapis de fleurs, mais… pas grand-chose dedans

Expo universelle, pavillon Israel

et celui d’Israël, avec son magnifique mur végétal de céréales et ses essais de propagande derrière

Israël par exemple a un message un peu sur vendeur à faire passer : c’est nous qui avons inventé l’irrigation, et un pays qui rassemble 0,015 % de la population mondiale a ainsi fortement contribué à son alimentation, vous voyez bien qu’on est des pacifiques ! A la sortie, malaise ! Evidemment ils n’allaient pas parler de leur politique d’accaparement de l’eau de la région, ni des difficultés à se nourrir dans la bande de Gaza !

Et toutes les dictatures de la planète rivalisent de séduction et d’amabilité. On est à Disneyland, tout le monde est beau et gentil, le Paradis est vraiment sur Terre, et d’ailleurs personne n’a faim sur cette planète !

Quand on va dans le pavillon des plus grands pays agricoles comme la Chine, les États-Unis ou le Brésil, le message est creux de chez creux. Aux États-Unis par exemple, on vous détaille les différentes sauces régionales pour faire le barbecue et les subtilités du hamburger. Le Brésil en est réduit à proposer un gigantesque filet d’escalade pour que les visiteurs daignent monter à l’étage, où on ne trouve évidemment rien qui fâche, les inconvénients des OGM, la déforestation, les paysans sans terre, et rien non plus sur les belles réalisations sociales comme leur programme « Faim zéro », pourtant au cœur même du sujet (mais on ne va pas avouer que certains brésiliens mangent mal quand même). La France évidemment vend son pain à travers une boulangerie, sa gastronomie et ses vins ! Finalement, le pavillon que j’ai le plus aimé, c’est celui du Vatican : lui il n’a pas de tourisme et de bonne chère à promouvoir, et du coup il est presque le seul à parler des vrais problèmes.

Soyons honnête : je n’ai pas fait la queue pour entrer dans le pavillon de la Coca Cola ni dans celui de Mac Do, aussi grands que ceux des pays, et je ne peux pas en parler doctement ! Mais au fait, pourquoi sont-ils là, pourquoi voit-on partout des pubs pour Ferrero ?

Bref, on peut se passer d’y aller, surtout plusieurs jours, d’autant plus que Milan ne regorge pas de monuments touristiques, à part sa belle cathédrale, le Duomo.

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Moins de gâchis dans les supermarchés, poursuivons nos efforts !

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Manger c’est bien, jeter ça craint !

On jette 280 kilos de nourriture par personne et par an !

L’Assemblée nationale vient de voter à l’unanimité un amendement qui limite fortement le gaspillage alimentaire des invendus des supermarchés. Ils ne pourront plus les jeter après les avoir javellisé, mais devront, soit les donner à des associations humanitaires, soit les transformer en nourriture pour animaux ou en compost. C’est un début, relativement facile et un tout petit peu démagogique, qui montre en passant que l’image des supermarchés n’est pas excellente dans l’opinion publique de ce pays, et que leur capacité de lobbying n’est plus ce qu’elle était…

La mesure ne sera pas très simple à mettre en œuvre concrètement : il faudra aider les associations pour qu’elles s’équipent en camions, réfrigérateurs et locaux de stockage, et augmentent fortement leur capacité de distribution.

Mais… ce n’est qu’un début : on estime que le gâchis alimentaire à charge des supermarchés ne représente qu’environ 5 % du total, et il avait déjà fortement diminué dans beaucoup d’enseignes. Il va falloir maintenant continuer en s’occupant aussi des 95 % restants !

Rappelons que la FAO nous dit que nous gâchons à peu près le tiers de la récolte mondiale de nourriture soit 1,3 milliards de tonnes de nourriture chaque année ; est-ce bien raisonnable en cette période de crise au niveau mondial et alors qu’il reste encore plus de 800 millions de personnes qui ont faim ? Tentons de prendre la mesure de l’ensemble du problème.

Tout d’abord un chiffre de base : nous introduisons chacun 1 tonne d’aliments dans notre bouche chaque année, dont approximativement 600 kg de liquide et 400 kg de solide. Restons sur ces 400 kg de nourriture solide (un peu plus d’un kilo par jour), on peut en fait estimer qu’en face on jette 280 kg de nourriture ! Cette énorme quantité de déchets se divise en gros en trois parties égales :

  • Le premier tiers est jeté à la ferme ou dans les opérations de transport, et ne rentre même pas dans les statistiques officielles : si une carotte rencontre un caillou en poussant, elle devient tordue, et elle est jetée puisqu’il paraît que le consommateur en veut des droites ; les melons trop gros ou trop petits sont également écartés puisqu’il en faut des « calibrés » ; les pommes sur lesquelles un insecte a fait une tache, ou les cerises effleurées par une pie, sont abandonnées sous les arbres puisqu’il faut des fruits parfaits ! On estime que dans les pays industrialisés, le calibrage imposé par les distributeurs génère près de 20 % de pertes.

Notons au passage que suivant la maxime : « lorsqu’on achète un produit on achète le monde qui va avec » le consommateur qui, au supermarché, choisit une par une ses pommes, mais aussi ses prunes et même ses cerises ne se rend pas compte que d’une part il provoque en amont une véritable épuration de tous les fruits qui ne sont pas d’apparence parfaite, mais aussi que bien entendu il incite le producteur à multiplier ses doses d’insecticides puisque le moindre insecte qui se pose sur le fruit risque de signer son arrêt de mort…

5 fruits et légumes moches

Les récentes campagnes pour sensibiliser le public à la consommation de « fruits et légumes moches » sont une première réponse à ce gâchis qui peut représenter 40 % de la production !

Autre exemple, le poisson : lorsque les chalutiers industriels jettent leurs immenses chaluts pour racler le fond de la mer, ils remontent tout ce qui s’y trouve, et donc ils sont amenés à jeter une bonne partie de ce qu’ils remontent : les poissons trop petits, trop gros, ceux dont la pêche est interdite, ou qui ne trouveront pas preneur sur le marché ; et bien entendu, malheureusement, la plupart ne survivront pas à ce traitement de choc… En 2003, l’Académie des sciences estimait qu’au niveau mondial le poids des rejets de la pêche s’élevait entre 16 et 40 millions de tonnes, soit entre 20 et 50 % des quantités débarquées.

Mentionnons également les transports, qui donnent lieu à une multitude de chocs fatals pour des produits périssables. Au total, on peut estimer à une centaine de kilos par français ce premier gâchis que personne ne voit, puisqu’il n’atteint même pas les lieux de vente.

  • Le deuxième tiers est gâché au stade de l’industrialisation et de la commercialisation. Les usines agro-industrielles travaillent avec des cadences impressionnantes, et, dès qu’il apparaît le moindre problème sur les chaînes de fabrication, on est amené à jeter la production sortie entre le début du problème et le moment on s’en aperçoit ; ce sont donc des tonnes de pain de mie qui ne sont pas parfaitement carrés, de pizzas tordues ou de fish fingers arrondis qui partent à la benne !

Viennent alors effectivement les supermarchés, objet de la récente attention des pouvoirs publics : imaginons-en un qui fait rentrer une grosse quantité de brochettes à la veille d’un week-end du mois de juillet où il se met à pleuvoir ; le lundi, il est bien obligé de jeter les brochettes qui n’ont pas fini en barbecue ! Nous participons largement à ce scandale car depuis que nous sommes rassasiés, nous sommes devenus des obsédés de la date limite de consommation (qui n’a pas été chercher le yaourt tout au fond du rayon, pour gagner quelques jours sur la date ?). Et, bien entendu, chacun se protège par peur des procès et on jette une quantité impressionnante de produits laitiers ou de plats cuisinés qui n’ont pas trouvé preneur à quelques jours de la date limite de consommation, sans oublier le pain puisque personne n’achète plus de pain de la veille, ou les filets d’oranges ou d’oignons dont un des éléments est pourris… Au total, tout cela représente autour de 90 kg par personne et par an, et il sera intéressant de voir ici quelques années l’effet réel et concret des nouvelles mesures…

  • Le troisième tiers est celui qui est le plus proche du consommateur, à la consommation. A commencer par le gâchis dans les restaurants, puisqu’il est dorénavant hors de question d’y accommoder les restes. On jette ainsi de façon totalement déraisonnable dans les hôpitaux, les restaurants d’entreprise, les cantines scolaires, etc. ; rappelons que par exemple les producteurs de cochon n’ont plus le droit depuis bien longtemps d’aller faire la sortie des cantines des collèges et lycées pour récupérer les restes de salsifis ou de choux de Bruxelles que nos adolescents refusent de manger (alors que c’est encore ce qui se passe en plein centre de Pékin ou de Shanghai…). Cela représente au moins 40 kg par personne et par an.

Gâchis dans les cantines scolaires

Exemple de campagne de sensibilisation au gâchis dans les cantines scolaires

Et puis on jette également à domicile autour de 40 kg, ce qui représente, mine de rien, plus de 400 € par personne et par an. Déjà 7 kg d’aliments non déballés, jetés dans leurs emballages d’origine. Citons par exemple les yaourts, que les fabricants tentent de nous vendre par lots de 16, 8 ou au minimum 4 ; eh bien, dans notre pays, lorsqu’on achète 4 yaourts, on n’en mange que 3 ! Pour le quatrième, on est parti en week-end et la date était dépassée, il finit à la poubelle ! Chacun peut d’ailleurs faire pour lui-même à tout moment l’inventaire de son réfrigérateur, la machine dans laquelle on met beaucoup d’énergie pour stocker toute la semaine ce qu’on jettera le dimanche soir ou la veille du départ en vacances… Ensuite on jette une dizaine de kilos de fruits et légumes passés, à peu près autant de restes de produits animaux, viandes et laitages qui atteignent la date de péremption, beaucoup de pain rassis (qui mange encore le célèbre « pain perdu » de notre enfance ?), etc. Sur ces 40 kg jetés par personne et par an, une dizaine sont peu visibles car ils finissent dans les égouts ou les composts qui se multiplient, mais il en reste encore une trentaine dans les vraies poubelles municipales.

On va dire pudiquement que nous avons en France… de larges marges de progrès ; le fait qu’il y ait des pays encore pire (genre les USA) ne doit pas nous dédouaner. Mais il faudra une véritable révolution dans les têtes, et les efforts considérables à tous les niveaux que nous puissions réellement progresser ! Rappelons-nous pour commencer que lorsqu’on achète un produit, on achète le monde qui va avec. Aujourd’hui, nous achetons du gâchis ! Et demain que choisirons-nous d’acheter, individuellement et collectivement ; ferons-nous nôtre un des slogans du Ministère : « Manger c’est bien, jeter ça craint »  ou bien « Manger c’est cool, gâcher c’est les boules » ?

Enfin, il ne faut pas confondre le gâchis du Sud et le gâchis du Nord. Au Sud, on perd essentiellement à la récolte, faute d’équipements de stockage et de transport adéquats. Lorsqu’on n’a pas de silos pour stocker son grain ou ses fruits et légumes, surtout dans les pays chauds et humides où tout pourrit très vite (et a fortiori de tanks à lait réfrigérés pour stocker son lait), on est obligé de devenir partageux : une partie de la récolte pour les rats, d’autres pour les moisissures, le vent, les oiseaux, les voleurs, etc. Bien entendu, il en reste peu à la fin puisqu’on a perdu en moyenne au moins un tiers de ce qui nous avait tant coûté de produire. Notons par exemple que jusqu’à présent l’Afrique dans sa globalité a toujours produit assez de nourriture pour nourrir les Africains. Mais que faute de silos, de camions et de routes, il n’a jamais été possible de nourrir les zones de pénurie ou de famine avec les excédents produits dans d’autres régions… Si nous sommes conséquents avec nous-mêmes, soutenons en Afrique de grands programmes de construction de silos et de tanks à lait réfrigérés à énergie solaire (voir par exemple http://www.africasolarfood.org/).

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La pomme de terre va-t-elle nous sauver une nouvelle fois de la faim ?

Article paru sur le site Atlantico le 10 mai 2014

Nourrir le monde entier, on en rêve mais est est-ce réalisable? Peut-être! En effet, des scientifiques hollandais auraient trouvé le moyen de cultiver des légumes dans de l’eau.  Voir par exemple ici. C’est une révolution qui pourrait -peut-être- contribuer à résoudre la faim dans le monde.

ATLANTICO : Pourquoi essayer à tout prix de faire pousser des plantes dans des terres salées ?  

Jusqu’à présent, la présence de sel dans la terre représente un inconvénient majeur pour l’agriculture. Très peu de plantes s’accommodent du sel ; généralement ce dernier s’introduit dans les cellules et les dessèchent. Pourtant certaines plantes possèdent naturellement cette fonction que l’on peut qualifier de « ça oui-ça non» (je prends l’eau mais pas le sel), par exemple celles qui poussent dans les mangroves au bord des mers tropicales, ou des champignons qui vivent dans les eaux de la Mer morte, ou encore les prairies salées du Mont St Michel… Mais malheureusement, ce sont en général des plantes qui ne sont pas comestibles, comme en France l’herbu et la salicorne ou, dans les pays tropicaux, l’épinard indien, le potiron doux, le gombo et le kangkong (liseron d’eau).

Or la quantité de terres salées, et donc devenues impropres à l’agriculture, s’accroit très fortement depuis de nombreuses années, à raison de 2 000 hectares par jour : terres arides et irriguées mais mal drainées (l’évaporation fait remonter le sel situé dans les profondeurs), terres inondées d’eau de mer lors de tempêtes ou cyclones, terres subissant une remontée d’eaux de mer dans leur sous-sol à la suite de l’assèchement des nappes phréatiques, etc. On estime qu’actuellement on a ainsi perdu près de 20 % des terres irriguées sur la planète, dans des régions comme les vallées du Gange et de l’Indus, de la Rivière jaune ou de l’Euphrate. Au total on est passé de 45 à 62 millions d’hectares de terres brulées par le sel depuis le début des années 90, soit l’équivalent de la superficie de la France ! Et vu le coût important de la désalinisation, qui consiste pour l’essentiel à lessiver ces terres avec de grandes quantités d’eau douce, on ne voit pas très bien des pays comme le Pakistan, la Syrie et l’Irak, ni même la Chine et l’Inde, se lancer à grande échelle dans de telles opérations.

Il faut donc privilégier la voie de la recherche de plantes adaptées à cette situation : si on réussissait à remettre ces terres en culture avec des plantes comestibles (céréales, légumineuses, tubercules) on marquerait incontestablement une victoire considérable sur la faim dans le monde ! C’est d’ailleurs un des espoirs principaux, à terme, de la recherche sur les OGM : transférer les gènes du « ça oui-ça non » dans du mil ou du riz par exemple… D’où l’importance de cette découverte (non OGM !) des scientifiques néerlandais, un pays très motivé par la question compte tenu du fait qu’une bonne partie de ses terres ont été gagnée sur la mer et se situent en dessous de son niveau, et donc en permanence soumises au risque de la salinisation.

Pommes de terre résistant au sel

Ces pommes de terre qui ont poussé dans des terres salées, à Den Horn, aux Pays-Bas, pourraient être à l’avant-garde de la lutte contre la faim dans le monde

ATLANTICO : Aujourd’hui les premières phases d’expérimentations ont été menées avec des pommes de terre. Pourquoi avoir choisi cet aliment plutôt qu’un autre? Pourra-t-on bientôt orienter les recherches vers des légumes ou des céréales ? Quel sera l’impact en termes de coûts ?  

 Avec 340 millions de tonnes produites annuellement, la pomme de terre est la quatrième plante cultivée au monde (après les 3 céréales, maïs, riz et blé). On en connaît déjà plus de 5 000 variétés, ce qui permet de faire plein de croisement et de nombreuses expérimentations, et il semble que certaines variétés qui étaient historiquement semées près des côtes puissent s’accommoder du sel et le stocker dans leurs feuilles plutôt que dans les tubercules. De plus la productivité de cette plante est absolument considérable : l’agriculture moderne arrive maintenant à en sortir 50 tonnes à l’hectare, contre 10 tonnes de maïs et 8 de blé et de riz. Cette plante miracle, qui peut se conserver plusieurs mois en gardant ses propriétés nutritives, a largement contribué à faire reculer les famines dans le monde, en particulier en Europe de l’Ouest quand elle a été ramenée d’Amérique du Sud, mais aussi en Asie, où sa production a été multipliée par 4 en Chine et par 9 en Inde depuis 1970.

Les plants expérimentés aux Pays-Bas ont encore une productivité faible, mais semblent suffisamment prometteurs pour que de nombreux pays commencent à s’intéresser. Produire « seulement » 20 ou 30 tonnes de pommes de terre à l’hectare n’a rien d’intéressant en Picardie mais représente une avancée considérable sur des terres devenues impropres à l’agriculture dans des pays où l’on connaît la faim ! De plus, on peut évidemment espérer que si ce genre d’agriculture se banalise, ses coûts pourront progressivement baisser.

L’équipe de scientifiques commence à avoir également des résultats prometteurs sur des carottes et des oignons, qui représentent des enjeux moins importants, mais très complémentaires de la pomme de terre. Malheureusement, on n’en est pas encore aux céréales, très gourmandes en eau (le riz a besoin de 10 fois plus d’eau que la pomme de terre !).

ATLANTICO : A terme les plantations pourraient-elles être implantées ailleurs? Ceci est-il envisageable sous d’autres climats et avec des sols moins irrigués et moins fertiles? 

Si elle est confirmée, cette avancée agronomique pourrait se révéler considérable pour la paix dans le monde. Rappelons que d’ici 2050, il faudra encore augmenter de 70 % la production agricole mondiale pour faire face à l’augmentation de la population et à celle de la consommation de produits animaux (viande, œuf et lait). Mais le défi sera particulièrement aigu en Afrique, où il faudrait arriver à tripler la production, et en Asie où il faudrait la doubler, sans parler de toutes les régions semi arides où le réchauffement climatique va faire avancer les déserts. On n’arrivera jamais à réaliser cet objectif si on continue à perdre 2 000 hectares de terres cultivables tous les jours.

Et, même si c’est encore de la science-fiction aujourd’hui, une fois qu’on aura réussi à acclimater des plantes nourricières sur des terres salées, peut-on imaginer d’arroser certains déserts avec de l’eau de mer pour les transformer en oasis ?

D’une manière générale, les progrès de l’agriculture depuis plusieurs décennies ont surtout consisté à augmenter la productivité brute à l’hectare. Mais ceci s’est fait au prix d’une grande fragilité, et d’importants dégâts collatéraux comme la pollution des nappes phréatiques ou la salinisation des terres. L’avenir sera probablement au moins autant dans la recherche de la résilience : trouver des plantes ou des mélange de plantes peut-être moins productives dans les conditions idéales, mais nettement plus résistantes aux agressions de l’environnement, lesquelles vont se multiplier avec le réchauffement de la planète.

 

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Soutenir l’agriculture familiale

Texte paru dans La Croix du 30 avril 2015 – Propos recueillis par Denis Sergent

« Aujourd’hui, le problème de la faim est essentiellement politique. C’est un « effet collatéral » de la mondialisation, avec ses deux corollaires que sont le dogme du libre marché et l’absence de contrôle public des multinationales.

Lutter contre la faim suppose une plus grande intervention des pouvoirs publics contrairement à ce que promeuvent les institutions financières internationales. L’objectif est notamment de maintenir les circuits courts entre les zones de production et les zones de consommation.

Aider au stockage pour réduire les pertes

La petite agriculture familiale s’avère, à niveau de développement égal, être plus productive qu’une grande exploitation. La mise en place de réseaux de distribution de produits basiques à bas coût pour les plus démunis, l’aide au stockage (un tiers de la récolte mondiale d’aliments est perdu chaque année) et à la vente directe, ainsi que la constitution de réserves de céréales de sécurité près des villes, constituent les éléments clés d’une stratégie alimentaire.

Agriculture familiale

En ce qui concerne l’accès à la nourriture, la politique de « Faim zéro » initiée par le président Lula au Brésil en 2003 peut être un modèle. En accordant aux mères de famille une subvention mensuelle réservée à l’achat d’aliments, le gouvernement a diminué la malnutrition et la mortalité infantile de 61 % et 45 %. Un succès qui inspire le Mexique et l’Inde. En 2012, l’ONU a officiellement lancé « Faim zéro » mais l’objectif n’est atteignable que si les citoyens restent vigilants auprès de leurs dirigeants. »

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Les levures, nouvel horizon des arômes naturels

Article paru sur le site Atlantico le 28 avril 2014

Vous n’aimez pas les arômes artificiels ? Réjouissez-vous, des nouveaux arômes naturels viennent d’être mis à jour. Si leurs composants ne sont ni extraits de plantes, ni extraits de fleurs, c’est parce qu’ils sont à base de levure. Voir par exemple : http://qz.com/389841/designer-yeast-can-make-foods-taste-like-vanilla-saffron-and-grapefruit-naturally/

ATLANTICO : Depuis le 19ème siècle, les scientifiques savent fabriquer des arômes artificiels. Quelle est la différence entre un arôme artificiel et un arôme naturel ? 

Le plus simple, quand on veut avoir un bon goût de fraise, c’est quand même de manger une fraise. Mais la saison des fraises est bien courte pour ceux qui les aiment, et ces merveilleux fruits rouges se conservent très mal ! L’industrie alimentaire a donc inventé d’extraire leurs arômes pour pouvoir s’en servir en toute saison, c’est ainsi que l’on peut donner à nos enfants du sirop de fraises toute l’année. Lorsque ces molécules sont extraites de la fraise, elles sont dites « naturelles », même si le procédé pour les extraire est parfaitement artificiel ! Mieux encore, on peut aussi obtenir le même goût à partir de copeaux de bois, d’alcool et d’eau ! Et comme ces derniers produits sont toujours réputés « naturels », l’arôme peut toujours se dire naturel. En fait un arôme naturel est produit à partir de plantes ou de produits animaux, mais rien ne garantit qu’il provient de la plante donc il porte le nom, sans compter les traces d’exhausteurs de goût et autre solvants utilisés pour le produire.

Arome de fraises

Il n’y a peut-être aucune molécule de fraise dans un arôme de fraise !

Mais la chimie sait maintenant aussi fabriquer ex abrupto ces molécules aromatiques, par exemple à partir de dérivés du charbon ou du pétrole ; dans ce cas, il s’agit d’arômes dit « artificiels ».

Il faut bien voir que le problème dépasse largement les arômes. Par exemple, nos enfants veulent que le sirop de fraises, en plus de sucré, stable et homogène, soit… rouge ! Dans un produit agroalimentaire, il n’y a donc pas que des plantes et des produits animaux ; pour pallier aux pertes de goût, texture, couleur, etc. inévitables au cours des transformations successives, on a pu utiliser des colorants, antioxydants ou conservateurs, des agents de démoulage ou de lavage, mais aussi des édulcorants, acidifiants, correcteurs d’acidité, anti-agglomérants, moussants, antimoussants, émulsifiants, gélifiants, épaississants, affermissants, agents d’enrobage, de glisse, gaz d’emballage, gaz propulseurs, stabilisants, séquestrants, poudres à lever, etc., et malgré toutes les précautions, il en reste toujours des traces dans l’aliment.

L’Europe et la France disposent d’un véritable arsenal législatif pour contrôler les abus. La Commission européenne a néanmoins répertorié plus de 3 000 arômes et 44 colorants autorisés, dont la plupart sont loin d’être « naturels ».

ATLANTICO : Traditionnellement, comment fabrique-t-on des arômes artificiels ?

Une fois qu’on a déterminé précisément quelles sont les molécules qui produisent ces arômes, on les fabrique de toutes pièces par des procédés chimiques ou physico-chimiques, à partir des matières premières traditionnelles des chimistes organiques en particulier le charbon et le pétrole.

ATLANTICO : Les consommateurs sont-ils de plus en plus méfiants vis-à-vis des arômes artificiels ? 

Oui, la méfiance envers l’artificiel ne cesse de croître. D’une manière générale, plus on vit loin de nature, hors-sol, dans des villes bétonnées, plus on veut tenter de retrouver symboliquement la nature dans son assiette. D’autant plus que, au sens strict, nous sommes ce que nous mangeons ! De tout temps, nous avons donc trouvé des systèmes pour qualifier les qualités de la nourriture que nous absorbons, de façon à se les approprier symboliquement. C’est ainsi que l’on mange la force du bœuf, la légèreté de la salade, ou la pureté du lait. Depuis toujours, la quasi-totalité des religions ont codifié le bon et le pas bon, le pur et l’impur, ce qu’on pouvait ou non manger tel ou tel jour, et, pour avoir toutes les chances d’aller au ciel, on tentait de manger « comme Dieu le voulait ».

Dorénavant, en France, la religion dominante (contrairement à la religion ascendante) ne s’occupe plus de nous dire ce qu’il faut manger. Mais l’inquiétude reste : n’allons-nous pas devenir impurs ? Nous avons donc reconstruit un système idéologique, à la manière des religions. Le postulat de base est que « la Nature nous veut du bien ». Ce qui a bien y réfléchir, est parfaitement arbitraire : la « Nature » se fiche complètement de nous : 95 % des plantes sont des poisons ! Ce qui ne nous empêche pas de croire fermement qu’il faut manger de bonnes plantes bien naturelles, même si elles sont des maladies bien naturelles, pour rester en bonne santé et aller tout droit au paradis des écologistes.

Rappelons pourtant cependant que le dernier vrai scandale alimentaire en Europe concernait de vraies graines bio de soja bien naturelles, germées de façon tout à fait naturelle, mais porteuses de bactéries bien naturelles qui ont tué une cinquantaine de personnes en Allemagne en 2011, soit beaucoup plus que la tristement célèbre vache folle !

Nous continuons cependant à penser que des produits artificiels, eux, ne peuvent qu’être intrinsèquement nocifs, et qu’il vaut mieux absorber des plantes bio, non traitées que des plantes qui risquent de contenir des résidus de médicaments (les fongicides) destinés à lutter contre leurs propres maladies…

Pour revenir aux arômes artificiels, ils ont néanmoins certaines qualités intrinsèques, par exemple ils ne risquent pas d’être contaminés par des flores microbiologiques, contrairement aux épices naturelles par exemple. Ou bien ils risquent moins de brûler lors de la cuisson.

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Suivant l’expression consacrée : « Chacun son sale goût » !

ATLANTICO : Afin de contourner le label « arôme artificiel », il est aujourd’hui possible de fabriquer des arômes à base de levures comestibles. Comment cette nouvelle technique fonctionne-t-elle ? Peut-on pour autant considérer qu’il s’agisse d’un arôme naturel ?

  On utilise depuis longtemps des levures dans l’alimentation. Pasteur a démontré qu’il s’agissait d’organismes vivants, des champignons unicellulaires. Par exemple il n’y aurait pas de vin sans les levures qui assurent la fermentation des raisins en transformant leur sucre en alcool (et extraient au passage de nombreuses molécules aromatiques), et le pain ne risquerait pas d’être moelleux si l’on n’ajoutait pas des levures à la farine pour la faire lever. De la même manière, pas de bière ni de fromage sans levure. Et ces produits sont considérés comme « naturels ».

Il semble qu’on arrive maintenant à pouvoir extraire de nouveaux arômes à partir de nouvelles levures. On est probablement au début d’une nouvelle révolution en la matière. Notons au passage qu’une partie des espérances des industriels provient de ce que l’on imagine produire dans l’avenir à partir de levures génétiquement modifiées, soit pour la médecine (production de vitamines, d’antibiotiques, d’hormones, de vaccins, d’anticoagulants, etc.), soit pour l’alimentation ! Seront-elles toujours considérées comme « naturelles » ?

ATLANTICO : Quels sont les avantages que représente une telle technique ? 

D’une part il s’agit en quelque sorte une nouvelle branche de la science dont on peut, si l’on est optimiste, espérer beaucoup de résultats. D’autre part, dans notre classification mentale, comme il s’agit de champignons qui interagissent avec des plantes, on peut dire que ce sont des produits « naturels », ce qui leur offre davantage de possibilités commerciales.

 

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Deux rendez-vous radio

Trois rendez-vous citoyens à la radio pour parler tranquillement et tenter d’expliquer les défis d’aujourd’hui pour découvrir le monde de demain :

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L’ampleur du gâchis alimentaire

L’ampleur du gâchis alimentaire et l’urgence d’adopter un plan d’action efficace pour y faire face revient au centre de l’actualité ; une nouvelle occasion de ressortir ce texte, et de constater que depuis que je l’ai écrit, presque rien n’a changé ; quand est-ce qu’on s’y met exactement ?

 

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Manger c’est bien, jeter ça craint !

On jette 280 kg de nourriture par français chaque année.

La FAO nous dit que nous gâchons à peu près le tiers de la récolte mondiale de nourriture soit 1,3 milliards de tonnes de nourriture chaque année ; est-ce bien raisonnable en cette période de crise au niveau mondial et alors qu’il reste encore 870 millions de personnes qui ont faim ? C’est l’objet d’une émission « C dans l’air » à laquelle j’ai participé le 1er novembre 2012 sur la chaîne France 5. C’est dans l’air, c’est le cas de le dire et les initiatives se multiplient dans la rue, les médias et chez les politiques pour nous faire prendre conscience du phénomène. A notre tour, regardons d’un peu plus près.

 

Tout d’abord, il ne faut pas confondre le gâchis du Sud et le gâchis du Nord. Au Sud, on perd essentiellement à la récolte, faute d’équipements de stockage et de transport adéquats. Lorsqu’on n’a pas de silos pour stocker son grain (et a fortiori de tanks à lait réfrigérés pour stocker son lait), on est obligé de devenir partageux : une partie de la récolte pour les rats, une partie pour les maladies, une partie pour le vent, une partie pour les oiseaux, une partie pour les voleurs, etc. et, bien entendu, il en reste peu à la fin puisqu’on a perdu en moyenne un tiers de ce qui nous avait tant coûté de produire. Notons par exemple que jusqu’à présent l’Afrique dans sa globalité a toujours produit assez de nourriture pour nourrir les Africains. Mais que faute de silos, de camions et de routes, il n’a jamais été possible de nourrir les zones de pénurie ou de famine avec les excédents produits dans d’autres régions…

 

En France, nous avons nos silos, nos routes et nos camions, nous gâchons donc « sophistiqué », en prenant soin de rajouter du pétrole, du salaire, des charges sociales, du loyer, de l’emballage, du transport, etc. à nos matières premières avant de les jeter ! Tentons de donner quelques chiffres approximatifs pour comprendre l’ampleur du problème.

 

Tout d’abord le chiffre de base : nous introduisons chacun 1 tonne d’aliments dans notre bouche chaque année, dont approximativement 600 kg de liquide et 400 kg de solide. Restons sur ces 400 kg de nourriture solide (un peu plus d’un kilo par jour), et considérons en face les 280 kg de nourriture jetés ! Cette énorme quantité de déchets se divise en gros en trois parties égales :

 

·        Le premier tiers est jeté à la ferme ou dans les opérations de transport. Je produis une carotte tordue, je la jette puisque le consommateur en veut des droites ; je produis un melon trop ou trop petit, je le jette puisqu’il nous faut des melons calibrés ; je produis une pomme sur lequel un insecte a fait une tache je la jette puisqu’il faut des fruits parfaits ! Notons au passage que suivant la maxime : « lorsqu’on achète un produit on achète le monde qui va avec » la ménagère qui, au supermarché, choisit une par une ses pommes, mais aussi ses prunes et même ses cerises ne se rend pas compte que d’une part elle provoque en amont une véritable épuration de tous les fruits qui ne sont pas d’apparence parfaite, mais aussi que bien entendu elle incite le producteur à multiplier ses doses d’insecticides puisque le moindre insecte qui se pose sur le fruit risque de signer son arrêt de mort… Autre exemple, le poisson : lorsque les chalutiers industriels jettent leurs immenses chaluts pour racler le fond de la mer, ils remontent tout ce qui s’y trouve, et donc ils sont amenés à jeter une bonne partie de ce qu’ils remontent : les poissons trop petits, trop gros, ceux dont la pêche est interdite, ou qui ne trouveront pas preneur sur le marché ; et bien entendu, malheureusement, la plupart ne survivront pas à ce traitement de choc… Mentionnons également les transports, qui donnent lieu à une multitude de chocs fatals pour des produits périssables. Au total, on peut estimer à une centaine de kilos par français ce premier gâchis que personne ne voit, puisqu’il n’atteint même pas les lieux de vente.

 

·        Le deuxième tiers est gâché au stade de l’industrialisation et de la commercialisation. Les usines agro-industrielles travaillent avec des cadences impressionnantes, et, dès qu’il apparaît le moindre problème sur les chaînes de fabrication, on est amené à jeter la production sortie entre le début du problème et le moment on s’en aperçoit ; ce sont donc des tonnes de pain de mie qui ne sont pas parfaitement carrés, de pizzas tordues ou de fish fingers arrondis qui partent à la benne ! De même au niveau de la commercialisation : imaginons un supermarché qui fait rentrer une grosse quantité de brochettes à la veille d’un week-end du mois de juillet où il se met à pleuvoir ; le lundi, il est bien obligé de jeter les brochettes qui n’ont pas fini en barbecue ; depuis que nous sommes rassasiés, nous sommes devenus des obsédés de la date limite de consommation, et, bien entendu, chacun se protège par peur des procès et on jette une quantité impressionnante de produits laitiers ou de plats cuisinés qui n’ont pas trouvé preneur à quelques jours de la date limite de consommation, sans oublier le pain puisque personne n’achète plus de pain de la veille, ou les filets d’oranges ou d’oignons dont un des éléments est pourris… Au total, tout cela représente autour de 90 kg par personne et par an.

 

·        Le troisième tiers est celui qui est le plus proche du consommateur : le gâchis dans les restaurants puisqu’il est dorénavant hors de question d’y accommoder les restes. On jette ainsi de façon totalement déraisonnable dans les hôpitaux, les restaurants d’entreprise, les cantines scolaires, etc. ; rappelons que par exemple les producteurs de cochon n’ont plus le droit depuis bien longtemps d’aller faire la sortie des cantines des collèges et lycées pour récupérer les restes de salsifis ou de choux de Bruxelles que nos adolescents refusent de manger (alors que c’est encore ce qui se passe en plein centre de Pékin ou de Shanghai…). Cela représente au moins 40 kg par personne et par an. Et puis on jette également à domicile autour de 40 kg, ce qui représente, mine de rien, près de 500 € par personne et par an. Déjà 7 kg d’aliments non déballés, jetés dans leurs emballages d’origine. Citons par exemple les yaourts, que les fabricants tentent de nous vendre par lots de 16, 8 ou au minimum 4 ; eh bien, dans notre pays, lorsqu’on achète 4 yaourts, on n’en mange que 3 ! Pour le quatrième, on est parti en week-end et la date était dépassée, il finit à la poubelle ! Chacun peut d’ailleurs faire pour lui-même à tout moment l’inventaire de son réfrigérateur, la machine dans laquelle on met beaucoup d’énergie pour stocker toute la semaine ce qu’on jettera le dimanche soir ou la veille du départ en vacances… Ensuite on jette une dizaine de kilos de fruits et légumes passés, à peu près autant de restes de produits animaux, viandes et laitages qui atteignent la date de péremption, beaucoup de pain rassis (qui mange encore le célèbre « pain perdu » de notre enfance ?), etc. Sur ces 40 kg jetés par personne et par an, une dizaine sont peu visibles car ils finissent dans les égouts ou les composts qui se multiplient, mais il en reste encore une trentaine dans les vraies poubelles municipales.

 

On va dire pudiquement que nous avons en France de larges marges de progrès ; le fait qu’il y ait des pays encore pire (genre les USA) ne doit pas nous dédouaner. Le Ministre de l’agroalimentaire vient de se lancer publiquement dans ce combat avec un objectif chiffré : diminuer de moitié le gâchis domestique d’ici 2025 http://alimentation.gouv.fr/gaspillage-alimentaire-campagne ; le Parlement européen s’est également saisi de la question, ainsi que de nombreuses ONG. Mais il faudra une véritable révolution dans les têtes, et les efforts considérables à tous les niveaux que nous puissions réellement progresser ! Rappelons-nous pour commencer que lorsqu’on achète un produit, on achète le monde qui va avec. Aujourd’hui, nous achetons du gâchis ! Et demain que choisirons-nous d’acheter, individuellement et collectivement ; ferons-nous nôtre le slogan du Ministère : « Manger c’est bien, jeter ça craint » ?

NB. : ce texte est également paru en son temps sur le site ECONOMIE MATIN : http://www.economiematin.fr/les-experts/item/2268-nourriture-gachis-alimentaire-emballages-supermarches-gaspillage-nourrir-planete  

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D’où viendra le lait que nous allons boire suite à la suppression des quotas laitiers ?

Article paru sur le site Atlantico le 31 mars 2015

ATLANTICO : L’Europe a mis fin aux quotas laitiers en vigueur depuis plus de trente ans. Régulant un marché du lait en surproduction, leur disparition brusque va fortement impacter un secteur d’activité déjà dans l’incertitude quant à son avenir.

Pourquoi a-t-il été décidé de revenir sur ce mécanisme ? Les problèmes auxquels ces quotas devaient apporter une réponse ont-ils été résolus

B. Parmentier: Il est très difficile de réguler la production laitière car la « réaction aux signaux du marché » est lente : le lait est la conséquence chez la vache de l’apparition d’un petit veau et la première traite n’a donc lieu qu’à l’âge de 30 mois. Ensuite chaque vache européenne produit ses 20 à 40 litres par jour, avec de brèves pauses entre deux mises bas. On peut jouer un peu sur le volume produit en modifiant l’alimentation, ou en envoyant un peu plus tôt la vache à l’abattoir (généralement autour de 6 ans), mais ce produit périssable coule néanmoins avec une grande régularité, alors que les variations de la demande peuvent être brutales, sujettes qu’elles sont à des événements politiques (comme l’embargo russe récemment). La Politique agricole commune a donc cherché à réguler ce processus dès les années 60. Il fallait alors augmenter la production dans des pays exsangues et assoiffés ; on a alors institué le système du prix garanti au producteur, ce qui les a incité à investir pour produire davantage. Ca a tellement bien marché (+ 50 % de production en France entre 1961 et 1984) que les frigos européens ont croulé sous les surplus (poudre de lait et beurre congelé) à tel point qu’un changement de politique total est intervenu en 1984 avec l’instauration des célèbres quotas, par pays et par an, à charge du pays de répartir ces quotas aux producteurs, et de payer en cas de dépassement (c’est ainsi que l’Allemagne a payé près de 2 milliards d’euros de pénalités en 30 ans !).

Production de lait dans le mondeLe lait est aussi un marché mondial ! (Source : Ouest-France)

L’Union européenne a ainsi produit 151 milliards de litres en 2014 ; les pays les plus productifs ayant été l’Allemagne (30 milliards), puis la France (23), le Royaume-Uni (14), les Pays-Bas, l’Italie et la Pologne. Mais ce système très régulé et stable ne permettait pas d’exporter avec souplesse : à peine 1,9 milliard de litres ont quitté le continent. Or on espère pouvoir exporter beaucoup plus, car la demande mondiale croit avec le développement des classes moyennes dans les pays émergents, et, pour le moment, ce sont les pays plus libéraux et moins régulés qui en profitent, comme la Nouvelle Zélande et les USA. De plus l’Europe contrôle beaucoup plus sa production que la moyenne mondiale et des pays comme la Chine, traumatisés par de multiples scandales, souhaitent s’approvisionner chez nous pour profiter de nos normes sanitaires. C’est ainsi que des investisseurs chinois construisent actuellement des usines de séchage du lait en Bretagne et en Normandie.

L’Europe a donc augmenté le niveau de ses quotas depuis 2009 (environ 1 % par an). Maintenant, les libéraux qui tiennent le haut du pavé ont donc décidé de déréguler pour de bon, estimant qu’actuellement le déficit d’exportation est plus dangereux pour l’économie que le risque de surproduction due à la crise ; rappelons pourtant qu’une erreur de planification avait provoqué une crise majeure en 2009, avec une chute de 30 % des cours du lait !

ATLANTICO : Concrètement, quels effets cette sortie des quotas va-t-elle avoir ? Les producteurs français sont-ils armés pour faire face à cette nouvelle donne ? Quel type de lait va se retrouver sur le marché français ? A quel prix ?

B. Parmentier: La Commission tente de calmer le jeu en prévoyant une hausse en volume de seulement 1,2 % en 2015 et 0,6 % en 2016 (contre 4 % en 2014 !). On peut en douter quand on entend l’Irlande (qui exporte déjà 80 % de sa production) annoncer qu’elle va doubler sa production d’ici 2020, et les Pays-Bas (et la région Bretagne) l’augmenter de 20 % !

Dans un sondage récent, 30 % des éleveurs français ont d’ailleurs déclaré vouloir augmenter la taille de leur troupeau.

Dans ce jeu, il va donc évidemment y avoir des gagnants et des perdants ! On peut estimer que les producteurs très organisés installés sur des créneaux de qualité reconnue, comme le Comté, sauront mener leur barque sans céder à la tentation suicidaire de la quantité. En revanche sur le créneau du « tout venant », les faillites vont se multiplier, et les regroupements… ou plutôt se poursuivre : rappelons qu’en 20 ans, de 1993 à 2013, on est passé en France de 162 000 producteurs à seulement 67 000, et qu’on estime déjà qu’en Bretagne la moitié des producteurs vont passer la main dans les 10 années qui viennent ; on peut douter que chacun trouve un successeur !

Machine à traire les vachesLa production de lait peut, elle aussi, s’industrialiser !

Les très grandes fermes laitières vont donc se multiplier sur le continent, comme il en existe déjà ailleurs dans le monde, en particulier en Amérique et en Asie. Il sera de plus en plus courant de voir des exploitations regroupant des milliers de vaches, voire des dizaines de milliers. Probablement pas en France, où on est plus sensible qu’ailleurs à la qualité de l’environnement, au développement régional équilibré et à la notion de terroir, mais gageons que le nombre moyen de vaches par exploitation, qui est actuellement autour de 50, va fortement augmenter…

Le prix du lait va donc fluctuer beaucoup plus qu’avant, malgré les contrats conclus entre les industriels et les groupements de producteurs. Et les regroupements d’industriels se poursuivre, dans un pays qui accueille déjà le leader mondial (Lactalis), mais aussi Danone ou la coopérative SODIAAL.

ATLANTICO : Faut-il s’attendre à une surproduction massive ?

B. Parmentier: Oui ! On pourrait bien voir dans le lait ce qui se passe dans le porc, lui aussi très « libéralisé » : la succession mortifère de cycles économiques : pénurie de lait, forte augmentation des prix, qui incite les éleveurs à garder plus de vaches, lesquelles arrivent toutes à maturité sexuelle deux à trois ans après, provoquant une crise de surproduction, un effondrement des prix, des faillites et des regroupements !

ATLANTICO : De nouveaux acteurs vont-ils apparaître (investisseurs étrangers, consolidation) ? Avec quelles conséquences ?

B. Parmentier: Évidemment, la nouvelle volatilité de ce marché, et les besoins croissants de certains pays asiatiques, vont attirer les investisseurs, comme les chinois qui débarquent dans nos campagnes, et bien évidemment les spéculateurs. On parle déjà de coter en Bourse à Amsterdam le prix du lait à usage industriel (beurre, poudre, lactosérum) ! Ce qui, comme on l’a vu dans les céréales, va encore amplifier les variations de prix.

ATLANTICO : Si les effets pervers de ces quotas ont été démontrés, en sortir de cette façon-ci était-il pour autant préférable ?

B. Parmentier: L’idée que les productions agricoles doivent être libéralisées comme les produits industriels, et que la concurrence, pour impitoyable qu’elle soit, profite au final à tous, doit, à mon sens, être revisitée ! Tous les gouvernements responsables ont constaté que la demande alimentaire est impérative et régulière, alors que la production reste aléatoire à cause des aléas climatiques et sanitaires. Les pharaons égyptiens employaient une armée de scribes pour comptabiliser et stocker les récoltes des années de « vaches grasses » en prévision de celles de « vaches maigres » ; les empereurs de Chine régulaient le riz, les Romains construisaient des routes pour faire circuler les grains… En 1789 à Paris on manquait de pain, de même qu’à Tunis et au Caire au moment des récentes révolutions arabes ! On peut imaginer un pays sans chaussettes ou même sans ordinateur pendant plusieurs mois, mais pas sans nourriture ! On devrait faire plus attention avant de déréguler « à la sauvage » la production agricole. Gageons que le balancier reviendra à davantage de raison relativement rapidement… En attendant, il y aura de belles réussites, et pas mal de casse.

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Alerte aux antibiotiques dans la viande

Paru le 25 mars 2015 sur le site ATLANTICO

ATLANTICO : Une enquête de la National Academy of Sciences of the United States of America montre que l’élevage mondial captera plus de 105 000 tonnes d’antibiotiques en 2030, soit une augmentation de 67 % par rapport à 2010.

Voir aussi en français dans le Quotidien du médecin :

http://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/article/2015/03/20/des-experts-alertent-sur-lexplosion-de-lutilisation-dantibiotiques-veterinaires-dans-le-monde_747156

ATLANTICO : Pourquoi trouve-t-on des antibiotiques dans la viande ? Pourquoi les éleveurs en utilisent-ils autant ? Quelles viandes sont les plus concernées ?

Parmentier : Les animaux tombent malades, comme les hommes ! Et on les soigne de la même manière, par des médicaments, dont des antibiotiques lorsqu’ils sont soumis à des bactéries pathogènes indésirables. A la fois pour des raisons éthiques, car on se doit d’assurer le bien-être des animaux dont nous sommes responsables, et pour des raisons commerciales, car il est bien évidemment interdit de vendre de la viande issue d’animaux malades. Lorsque l’animal est guéri en revanche, on peut l’amener à l’abattoir, mais ses chairs gardent des traces d’antibiotiques, que nous mangeons.

Deux problèmes aggravent cette situation : l’élevage de masse, dans des bâtiments confinés, est évidemment plus malsain que l’élevage de plein air, surtout si l’air ou l’eau de boisson ne sont pas assez renouvelés, ou les déjections pas assez rapidement ou complètement évacuées. De plus dans ce type d’élevage, les animaux sont en grande proximité et se contaminent rapidement les uns les autres. Lorsque le vétérinaire diagnostique qu’un animal est malade, le plus probable est qu’il a déjà contaminé ses congénères, il faut alors à la fois soigner cet animal avec des doses importantes d’antibiotiques, et tous les autres avec des doses plus faibles, de façon préventive. Donc on va logiquement trouver davantage d’antibiotiques dans la viande de porc, de lapin ou de volailles, qui proviennent de troupeaux confinés de centaines ou milliers d’animaux que dans celle de bovins, et, s’agissant de bovins, davantage dans la viande de veaux élevés en batterie que dans celle provenant des alpages.

Un autre phénomène, pratiquement disparu en Europe depuis son interdiction en 2006, est encore largement utilisé aux USA et dans nombre de pays émergents : l’administration d’antibiotiques sans aucune prescription médicale et mélangés dès le départ dans l’alimentation, simplement pour booster la croissance des animaux !

On estime donc les consommations actuelles d’antimicrobiens dans le monde à 45 mg par kg de viande de bœuf produite, de 148 mg par kg de volaille et de 172 mg par kg de viande de porc.

Au total la consommation d’antibiotiques en usage vétérinaire représente autour de 60 000 tonnes dans le monde, chiffre largement supérieur à celle de la consommation humaine, et ces chercheurs pensent qu’on dépassera les 100 000 tonnes en 2030 vu l’augmentation très rapide de la consommation de viande dans les pays émergents, et la multiplication conséquente d’élevages intensifs peu contrôlés dans ces pays… Ils redoutent un doublement de la consommation dans des pays comme le Brésil, la Russie, l’Inde ou la Chine, soit une augmentation sept fois supérieure à celle de leur population ! Ils pensent qu’en 2030 la moitié des antibiotiques du monde seront consommés en Asie, dont 30 % dans la seule Chine.

Publicité pour de la viande sans antibiotiques

Quand l’absence d’antibiotiques devient un argument de vente pour une chaine de fast-bouffe canadienne…

ATLANTICO : Quelle est la situation en France ? Comment est-ce encadré actuellement ? 

Parmentier : La consommation d’antibiotiques en usage vétérinaire représente entre 700 et 900 tonnes par an en France, pour un chiffre d’affaires de 835 millions d’euros. La tendance est à la baisse. Rappelons cependant que nous restons un pays très (beaucoup trop) consommateur de ces produits en médecine humaine…

Le dernier plan d’action national (Ecoantibio) date de 2011, avec 40 mesures (promotion de bonnes pratiques, développement des alternatives, encadrement des pratiques commerciales, etc.) ; il prévoyait une diminution de 25 % de la consommation à échéance 2016. Il est très probable qu’on sera loin du compte, même si, contrairement aux pesticides, la consommation semble effectivement diminuer. Mais les statistiques sont difficiles à obtenir et à interpréter car on peut aussi changer de molécules, pour des produits plus puissants et moins lourds…

ATLANTICO : Quelles conséquences sur la santé humaine entraîne l’utilisation massive d’antibiotiques dans les élevages ?

Parmentier : D’une part, plus on mange d’antibiotiques, plus les risques d’allergie augmentent, et ces problèmes d’allergies, souvent croisés, se developpent fortement dans les nouvelles générations. D’autre part plus on administre d’antibiotiques, plus on sélectionne et développe de fait les bactéries résistantes à ces antibiotiques, puisque leur multiplication n’est plus arrêtée, c’est ce qu’on appelle l’antibiorésistance. Ces bactéries résistantes se transmettent alors via la consommation de viande, ou tout simplement via l’environnement. Au final, lorsque nous contractons une maladie due à ces bactéries antibiorésistantes, la médecine n’a plus d’arme pour nous soigner.

Auparavant, le rythme d’apparition de nouveaux antibiotiques était soutenu, et, par exemple, l’apparition d’une résistance à la pénicilline, apparue dès 1946, n’a pas provoqué de gros dégâts, car on a pu changer alors de prescription. Le problème vient qu’actuellement la recherche a le plus grand mal à inventer de nouvelles souches d’antibiotiques, et qu’en conséquence on régresse. Il a été estimé que la résistance aux antibiotiques avait causé 25 000 morts en Europe en 2007 et plus de 23 000 aux États-Unis en 2013. Cette situation s’emballe, on la qualifie dorénavant de « pré-catastrophique » et certains scénarios pessimistes redoutent 300 millions de personnes de décès prématurés d’ici 2050 !

D’où la mobilisation de certains gouvernements pour soutenir et développer à nouveau la recherche de nouveaux antibiotiques, qui avait beaucoup diminuée dans les dernières décennies, faute de rentabilité.

En tous les cas, il faudrait au minimum arriver à une interdiction totale en médecine vétérinaire des antibiotiques dits « critiques », ceux qui constituent actuellement le seul traitement connu de certaines maladies infectieuses chez l’homme, comme les céphalosporines de 3e et 4e génération et les fluoroquinolones.

Viandes-duBreton-Producteur-Porc-Biologique

Il y a élevage et élevage ! Mais celui-ci suppose de manger beaucoup moins de viande !

ATLANTICO : Comment diminuer ces risques ? Est-ce un problème que l’on sous-estime ?

Parmentier : Bien évidemment en mangeant moins de viande, surtout de viande blanche (porc et volaille) ! Le problème est complexe, car ces animaux affectent cependant moins l’environnement que les animaux à viandes rouges, très consommateurs de ressources naturelles et producteurs de gaz à effet de serre ! Doit-on forcément continuer à consommer en France 7 bœufs, 33 cochons, 1300 volailles, 20 000 œufs et 32 000 litres de lait dans notre vie ? Et les chinois, qui sont passés d’une consommation de 14 kilo par an à 60 dans les 30 dernières années, doivent-ils absolument atteindre les 85 kilos consommés aujourd’hui par les français ?

Deuxième idée, privilégier la viande bio, car dans ce cas, pas de « hors-sol », pas de traitement préventif antibiotique, pas de stimulation artificielle de la croissance, pas plus de 3 traitements médicamenteux par an…

Mais cela ne protège pas entièrement, car les bactéries résistantes peuvent nous arriver par d’autres voies, par exemple via l’épandage de lisiers ou fumiers, ou par contact direct avec des gens malades ! Et que le problème devient planétaire, les épidémies ayant une fâcheuse habitude de se jouer des frontières.

Une mobilisation citoyenne mondiale sur ce problème, encore beaucoup trop sous-estimé, serait bien utile ! Car, en la matière, malgré ses imperfections, l’Europe reste en avance sur le reste du monde, et les grands élevages industriels qui continuent à se créer tous les jours en Amérique ou en Asie deviennent une véritable menace pour l’humanité entière. On parle beaucoup d’un éventuel élevage de 1 000 vaches en France, mais peut-on imaginer que les élevages de 20 ou 30 000 vaches qu’on crée sur ces continents puissent se passer d’antibiotiques ?

 

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De nouvelles voies pour éradiquer la faim

Peut-on imaginer en terminer avec la faim dans le monde ? D’abord, il faut bien connaître ce phénomène, pourquoi il a reculé dans certaines régions, et ensuite explorer toutes les pistes possibles pour affronter ce phénomène, qui tue encore un enfant toutes les 10 secondes !

Texte, en quelque sorte résumé de mon livre « Faim zéro, en finir avec la faim dans le monde », écrit pour l’Académie d’Angers. (13 pages, pour les télécharger, faire « download » en bas du tableau)

 

De Nouvelles Voies Pour Éradiquer La Faim – Parmentier – Académie d'Angers

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